Washington "inquiet" de la vente par Paris à Moscou des navires Mistral

Le \"Vladivostok\", commandé par la Russie, aux chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le 5 mars 2014. 
Le "Vladivostok", commandé par la Russie, aux chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le 5 mars 2014.  (FRANK PERRY / AFP)

La livraison par la France, dans quelques mois, de deux navires de guerre à la Russie est en suspens depuis la crise ukrainienne.

Les Etats-Unis ont fait part à la France de leurs "inquiétudes" à propos de la vente programmée à la Russie de navires militaires de type Mistral, en raison de la crise en Ukraine, a affirmé jeudi 8 mai une responsable américaine. "Nous avons de manière régulière et constante exprimé nos inquiétudes à propos de cette vente (...) et nous continuerons de le faire", a déclaré la secrétaire d'Etat adjointe pour l'Europe, Victoria Nuland, à quelques jours d'une visite officielle aux Etats-Unis du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Victoria Nuland a précisé que son gouvernement avait soulevé cette question avec Paris "avant même les derniers agissements russes" en Ukraine.

La livraison par la France à la Russie de deux navires de guerre de type Mistral, prévue par un contrat signé en 2011 pour 1,2 milliard d'euros, est en suspens depuis le rattachement de la péninsule de Crimée à la Russie, et depuis que les Occidentaux ont adopté des sanctions contre Moscou dans la crise ukrainienne.

Paris n'exclut pas "d'annuler ces ventes"

La livraison du premier bâtiment, le Vladivostok, est prévue en octobre par les chantiers navals français de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Le deuxième bateau, le Sébastopol, destiné à la flotte russe de la mer Noire, doit être livré fin 2015.

Fin mars, Laurent Fabius avait déclaré que Paris pourrait "annuler ces ventes" si Moscou ne changeait pas de politique à l'égard de Kiev. Son collègue à la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait ensuite reporté la décision au mois d'octobre, moment de la livraison prévue du premier bâtiment. La Russie avait alors averti la France qu'elle "ferait valoir ses droits jusqu'au bout" en cas de rupture du contrat de livraison.