Visite du prince héritier Mohammed ben Salmane : la place des femmes au cœur des réformes en Arabie saoudite

FRANCEINFO

Mohammed ben Salmane fait étape à Paris dans son tour de l'Occident. Dimanche soir, il a dîné avec Emmanuel Macron, avant une rencontre officielle mardi. Pas encore roi, le prince héritier saoudien a entrepris une transformation profonde de son pays, en s'engageant notamment sur le chemin de l'émancipation des femmes.

Dernier pays au monde interdisant aux femmes de conduire, l'Arabie saoudite a annoncé en septembre 2017 le droit pour les Saoudiennes de prendre le volant à compter de cette année. C’est la mesure la plus symbolique et la plus spectaculaire voulue par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui dans son tour de l'Occident fait étape à Paris, où il a dîné avec Emmanuel Macron dimanche 8 avril, avant une rencontre officielle mardi. 

La révolution du volant

A Riyad, ville tentaculaire balayée par les tempêtes de sable, en chantier permanent, on ne marche pas, c’est en voiture qu’on se déplace. Jusqu’ici, les femmes étaient cantonnées au siège arrière. Elles pourront donc bientôt se lancer seule à l’assaut des embouteillages. Pour Sarah, 27 ans, habitante de Riyad, c'est une révolution. "Simplement monter dans ta voiture et parcourir les routes, sans avoir personne avec toi, ça c'est chouette ! Aller au lycée ou à l'université sans devoir appeler ton chauffeur pour lui demander où il est, s'il en est en train de manger ou s'il est occupé, et ne pas dépendre de lui !", s'enthousiasme la jeune femme. 

J'aurai juste à dire 'allez j'y vais', attraper mes clés de voiture et partir n'importe où !

Sarah, Riyadienne de 27 ans

à franceinfo

En Arabie saoudite, les femmes ne représentent que 22% de la population active. Mohammed ben Salmane veut leur ouvrir le monde du travail. Il vient notamment de les autoriser à monter une entreprise sans avoir à demander la permission d’un tuteur. 

Une ouverture sur le monde

L’ambitieux dauphin prépare l’après pétrole. Il veut aussi attirer les investisseurs et s’est engagé dans une transformation profonde de son pays. Une transformation dans laquelle Abir J. Abusulayman, guide touristique et directrice associée de Unique Tours place beaucoup d'espoir. "On nous voit toujours comme isolés du reste du monde. Surtout la femme, cette 'créature' sous son abaya noir qui pourtant ne nous gêne pas. Je crois qu’avec l’ouverture des visas, tous ces nouveaux règlements, le regard des occidentaux sur l’Arabie va vraiment changer", confie-t-elle.

Il reste encore beaucoup à faire, mais le prince réformateur de 32 ans a compris qu’il valait mieux imposer les changements par le haut, plutôt que de donner l’impression de céder aux revendications d’une société toujours plus jeune, et toujours plus éduquée.

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