"Nous avons besoin d'aide" : à Caracas, la situation humanitaire empire alors que le Venezuela reste sous pression

Une pharmacie de Caracas, au Venezuela, le 27 février 2019.
Une pharmacie de Caracas, au Venezuela, le 27 février 2019. (BENJAMIN ILLY / FRANCE-INFO)

Dans la capitale du Venezuela, les habitants espèrent l'arrivée de l'aide humanitaire.

"Il faut que l’aide humanitaire arrive ! Nous en avons besoin car la situation est critique," implore José, 22 ans. Pour survivre, le jeune homme, sans travail, fait les poubelles du quartier de Los Palos Grandes, un quartier de classe moyenne de Caracas.

Il y a quelques jours, l'opération d'aide humanitaire organisée par l'opposant Juan Guaido a tourné court. Des camions chargés de produits de première nécessité, en provenance de Colombie, n'ont pas pu rentrer au Venezuela face au blocage frontalier ordonné par le gouvernement, qui a dégénéré.

"Nous avons faim... La vérité, c'est que nous avons besoin d'une aide. Moi je pourrais voter pour le gouvernement actuel" poursuit José. Mais d'abord, il faut qu'il change des choses. Je demande au président d'ouvrir les yeux car la situation est critique. Lui qui dit qu'il aime tellement les Vénézuéliens, qu'il aime son pays, il faut qu'il fasse quelque chose pour nous."

Des médicaments rares, et vendus à prix d'or

Les tensions restent vives à la frontière avec la Colombie, avec des affrontements violents entre garde nationale bolivarienne et groupes de jeunes vénézuéliens décidés à faire passer l'aide humanitaire. Pendant ce temps à Caracas, la population survit, subit la crise et les pénuries, notamment de médicaments. 

Dans une pharmacie presque vide près de la mairie, on trouve quelques vitamines, quelques médicaments pour la tension et une tablette d’ibuprofène. Son prix ? 20 000 bolivars, soit environ 8 dollars, alors que le salaire minimum est de moins de 6 dollars par mois.

Nervi, 40 ans, habitant de Caracas. 
Nervi, 40 ans, habitant de Caracas.  (BENJAMIN ILLY / FRANCE-INFO)

Un peu plus loin, Nervi, 40 ans, confesse avoir perdu "de 10 à 12 kilos" ces dernières années. "Je voudrais que ça change," dit-il. La pression diplomatique monte sur le régime de Nicolas Maduro, dont "les jours sont comptés", selon Washington. Nervi n'aimerait cependant pas voir les États-Unis de Donald Trump intervenir. "Trump a toujours été riche, il n'a manqué de rien, tout est politique pour lui, tout est dans son interêt, tout est pour l'argent" attaque-t-il.

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