"Je suis prêt à perdre la vie pour que ça change" : au Venezuela, les deux camps font monter la pression

Juan Guaido lors d\'une manifestation à Caracas, au Venezuela le 6 avril 2019.
Juan Guaido lors d'une manifestation à Caracas, au Venezuela le 6 avril 2019. (MATIAS DELACROIX / AFP)

Desdizaines de milliers de Vénézuéliens ont manifesté hier poursoutenir le chef de l'opposition Juan Guaido. 

Ils disent être plus déterminés que jamais. Sur la place Altamira, samedi 6 avril, les partisans de Juan Guaidó chantent pour se motiver, arborent des slogans contre l’absence de courant et les pénuries d’eau.

"On n’en peut plus, on est fatigués"

Elizabeth s’indigne que le gouvernement se dédouane une fois de plus en accusant les Etats-Unis. "C’est à eux d’endosser l’entière responsabilité car ils ont confisqué tous les pouvoirs publics au Venezuela. Et ce sont eux les vrais coupables de la misère et du désastre dans lequel est plongé le pays" accuse la manifestante. 

Paradoxalement, les coupures de courant ont eu raison de la motivation de bon nombre de manifestants : le cortège paraît plus dispersé qu’un mois auparavant. , l’explique facilement. "Les gens profitent du week-end et du retour de l’électricité pour aller trouver un peu d’eau et de nourriture car ils ont tout perdu pendant les coupures. Mais ce dont on a besoin c’est de changement car on n’en peut plus, on est fatigués," explique Greymar 18 ans. 

Autre raison de cette baisse de fréquentation : plusieurs manifestations spontanées ont été sévèrement réprimées ces derniers jours par des colectivos, des groupes de paramilitaires inféodés à Nicolas Maduro. Patricia l’a vécu dans son quartier.  "Les gens ont peur d’un régime qui utilisent des gens à moto pour nous tuer à n’importe quel moment. Comment ne pas avoir peur d’un régime qui te tue si tu manifestes ? Mais nous, nous sommes là quoi qu’il arrive, et moi je suis prêt à perdre la vie pour que ça change."

Les partisans du président Nicolas Maduro à Caracas le 6 avril 2019.
Les partisans du président Nicolas Maduro à Caracas le 6 avril 2019. (FEDERICO PARRA / AFP)
A quelques rues de là, non loin du palais présidentiel, les militants chavistes, tout de rouge vêtus, ont une autre version. Isabella, 50 ans, estime que bon nombre de Vénézuéliens ne font plus confiance à l’opposition. "Ils n’ont pas de plan politique, rien à nous offrir, donc on va continuer dans le chemin de notre révolution."

Guaido lance la "phase définitive" pour chasser Maduro

Pourtant à l’Est de la capitale, la foule reste très dense pour accueillir Juan Guaidó. Amanda assure que les anti-Maduro n’ont pas dit leur dernier mot. Elle place toute sa confiance dans son président par intérim. "J’espère qu’il va nous annoncer le départ prochain de ce régime qui nous affame. Et pour ça il ne faut pas rester chez soi, il faut être unis" explique-t-elle.

Le prochain rendez-vous de Juan Guaidó avec ses partisans est proche. Debout sur la remorque d’un camion équipé d'enceintes, il annonce une nouvelle manifestation dès mercredi : "On est là et on va y rester! Tous dans la rue, pour la phase définitive qui mettra fin à l'usurpation!"

Juan Guaido, président de l'Assemblée nationale contrôlée par
l'opposition, s'est proclamé président du pays. 
Pour Nicolas Maduro, qui conserve le soutien de l'armée et
de pays alliés, dont la Russie et la Chine, Juan Guaido doit être traduit en justice.
L'Assemblée constituante, contrôlée par le Parti socialiste,
a approuvé mardi une mesure permettant de poursuivre Juan Guaido
en justice en lui retirant son immunité parlementaire. 

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