Des milliers de Vénézuéliennes opposées à Maduro défilent sur l'autoroute principale de Caracas

Les opposants défilent presque chaque jour depuis le 1er avril pour exiger le départ de Nicolas Maduro avant la fin de son mandat en décembre 2018.
Les opposants défilent presque chaque jour depuis le 1er avril pour exiger le départ de Nicolas Maduro avant la fin de son mandat en décembre 2018. (FEDERICO PARRA / AFP)

Des dizaines de milliers de Vénézuéliennes ont manifesté samedi à Caracas contre le président Nicolas Maduro, lequel a répliqué par la mobilisation de milliers de ses partisanes contre la "violence terroriste" de l'opposition. 

Elles ont été des milliers à répondre présentes dans tout le pays : samedi 6 mai, l'opposition avait appelé les femmes de Caracas, la capitale vénézuélienne à se mobiliser. C’est peu dire que l’appel a été entendu, alors que l’opposition manifeste depuis plus d’un mois dans la capitale et d’autres villes du pays pour exiger, notamment, la tenue d’élections générales anticipées cette année.

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Au total, 37 personnes sont mortes dans des troubles depuis début avril incluant des manifestants d'opposition, des manifestants chavistes ou encore des membres des forces de l'ordre.

En blanc, par milliers, contre la répression

Vêtues de blanc de la tête au pied, les Vénézuéliennes ont défilé sur l'autoroute principale de Caracas sur plusieurs kilomètres. L'objectif était de se rendre au ministère de l'Intérieur et de la Justice mais les manifestantes ont été bloquées par des barrages des forces de l'ordre : il n'y a pas eu d'affrontements avec les forces de l'ordre mais les manifestantes n'ont pas pu accéder au centre de la capitale. Parmi elles, Miriam Jorge : à 62 ans, cette grand-mère n'a manqué presque aucune des manifestations depuis un mois. Ce samedi, elle est venue marcher - selon ses mots - ''contre la répression''.

''Cette marche est symbolique, explique Miriam. En ce moment, c'est la mère qui pleure la mort de tous ces jeunes qui ont été tués la semaine dernière ou cette semaine notamment. Ces fils qui ont été tués, ce sont les enfants de toutes les mères Vénézuéliennes. Parce que ça nous fait du mal à nous toutes.''

"Je veux que mon fils connaisse la démocratie"

Une fleur à la main, Jileny Naja marche, elle aussi, comme femme et comme mère. Malgré l'insécurité, cette employée du secteur pharmaceutique ne veut pas se résigner à fuir son pays avec son fils. ''Mon fils a 16 ans, et je veux un pays libre pour lui, explique Jileny. Je veux qu'il puisse profiter de notre pays sans restrictions, sans avoir tous les jours peur d'être tué ou d'être volé. Je veux un futur pour mon fils. Il n'a connu que Chavez ou Maduro, et je veux qu'il connaisse ce que c'est la démocratie.'' Au-niveau d'un barrage des forces de l'ordre, des députées ont finalement remis un document d'exigences à la vice-ministre de l'Intérieur.

En face, mobilisation de milliers de partisanes de Maduro

Le même jour, côté chaviste, des milliers de partisanes du président Nicolas Maduro se sont également mobilisées, vêtues de rouge, dans le centre de la capitale contre la "violence terroriste" de l'opposition. Selon le mot d'ordre, elles se sont rendues au siège du Défenseur du peuple, une sorte de médiateur au Venezuela, ''pour défendre la patrie et appeler à la fin des violences''.