Crise au Venezuela : "Nous devons émigrer si nous voulons survivre"

La file d\'attente pour franchir le pont Simon Bolivar entre le Venezuela et la Colombie, le 15 février 2019.
La file d'attente pour franchir le pont Simon Bolivar entre le Venezuela et la Colombie, le 15 février 2019. (LUIS ROBAYO / AFP)

À la frontière entre le Venezuela et la Colombie, des milliers de Vénézueliens tentent de franchir quotidiennement le pont Simon Bolivar à la recherche d'une vie meilleure. 

La tension monte au Venezuela autour de l’aide humanitaire. Juan Guaido, qui s'est autoproclamé à la présidence par intérim du Venezuela, le 23 janvier a annoncé qu’elle entrerait dans le pays le 23 février. Mais le président Nicolas Maduro, qui refuse de partir, ne l’entend pas de cette oreille : il n'accepte pas de laisser entrer ce qu’il estime être un "prétexte" en vue d’une intervention militaire étrangère. En attendant, l’émigration ne ralentit pas à la frontière. La grave crise économique et politique au Venezuela a provoqué l'exil de plus de 2,3 millions de ses habitants, selon l'ONU. Chaque jour, des milliers de Vénézuéliens traversent le pont international Simon Bolivar pour fuir vers la Colombie. 

Quotidiennement, à proximité de ce pont, une longue file d’attente se forme. Avant de pouvoir passer en Colombie, les Vénézueliens sur le départ, comme Jose Angel et Maria, doivent faire tamponner leurs passeports. Plus que quelques heures de patience après un an de préparation. 

À cause des problèmes d’argent, de l’inflation, ça nous a pris beaucoup de temps de réunir l’argent nécessaire pour le voyageJose Angelà franceinfo

Pénuries de nourriture et de médicaments

L’arrivée de Juan Guaido, les nombreuses manifestations leur ont fait croire un instant qu’ils pourraient rester. Mais un instant seulement. "L’espoir se réduit chaque jour un peu plus, nous avions beaucoup de foi dans le changement. Mais plus on avance, plus la situation est difficile, regrette Maria. Nous devons continuer à émigrer si l’on veut survivre. J’ai mes deux enfants avec moi, ils ont quatre et cinq ans. Ce qui m’importe le plus c’est leur alimentation, parce qu’ils sont en pleine croissance."

Les pénuries de nourriture et de médicaments ont fini de convaincre le couple qui préfère prendre la route : six à sept jours de voyage en bus ou à pied pour gagner Lima au Pérou. Un voyage risqué qu’ils espèrent un jour faire à rebours. "On changera d’opinion quand le gouvernement s’en ira, assure Jose Angel. Là, tous les Vénézuéliens rentreront"Un départ inenvisageable pour Nicolas Maduro. À en croire la longue file de candidats à l’exil derrière le couple, beaucoup de Vénézuéliens voient mal le président changer d’avis.

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