À la frontière colombienne, les partisans de Nicolas Maduro mobilisés contre l'entrée de l'aide humanitaire au Venezuela

Deux conteneurs et un camion-citerne bloquent le pont de Tienditas à la frontière entre la Colombie et le Venezuela.
Deux conteneurs et un camion-citerne bloquent le pont de Tienditas à la frontière entre la Colombie et le Venezuela. (EDINSON ESTUPINAN / AFP)

Les partisans de Juan Guaido, président autoproclamé du Vénézuela se sont réunis par dizaines de milliers dans tout le pays pour réclamer l’entrée sur le territoire de l’aide humanitaire. À la frontière colombienne, par laquelle l'aide doit transiter, les partisans du président tentent de donner le change.

Les derniers rayons du soleil éclairent les deux conteneurs et le camion-citerne qui bloquent le pont de Tienditas à la frontière entre la Colombie et le Venezuela. Des dizaines de bus rouges attendent les derniers militants chavistes venus manifester à l’appel de Nicolas Maduro, le président en place, alors que ce dernier refuse l’entrée de l’aide humanitaire stockée en Colombie. Son opposant Juan Guaido avait promis l’arrivée de cette aide sur le territoire vénézuélien pour le 23 février prochain et mobilisé par dizaine de milliers ses partisans partout dans le pays.

Là-bas, à l’épicentre de la crise, Willy, 30 ans, assure, charte de l’ONU à l’appui, que seules trois raisons pourraient justifier l’entrée de l’aide stockée de l’autre côté. "Quand il y a une catastrophe naturelle ou environnementale, défend Willy, quand il y a une guerre ou quand il y a une famine dans le pays. mais aucune de ces trois situations n’existe au Venezuela." 

Les sanctions américaines causes de la pénurie ?

Plus tôt, des centaines d’opposants ont pourtant manifesté dans la ville voisine contre les pénuries de nourriture et de médicaments. Mais ces pénuries s’expliquent par les sanctions américaines : "Tout simplement parce qu’on ne nous laisse pas acheter ni importer ces produits dans le pays, il s’agit d’un blocus", assure le maire chaviste William Gomez.

Ici l’ultimatum de Juan Guaido pour le 23 février ne fait peur à personne. "Il est désespéré parce que les deux plans qu’il avait, maintenir la rue mobilisée et récupérer l’armée, ont lamentablement échoué, se félicite Nelly Berdugo, députée du conseil fédéral de l’Etat de Tachira. L’armée est plus que jamais déterminée à défendre avant tout la patrie de Bolivar et Chavez." Et en effet, les militaires sont ici réunis par centaines. En revanche, difficile de parler d’une baisse de mobilisation de l’opposition qui est une nouvelle fois sortie en masse contre Nicolas Maduro.

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