Pédophilie dans l'Église : pour le pape, le cardinal Barbarin ne doit pas démissionner

France 3

Dans un entretien exclusif à La Croix publié mardi 17 mai, François prend la défense du cardinal Barbarin, accusé d'avoir couvert des actes de pédophilie dans l'Église. Guillaume Coubert, directeur du journal, est l'invité du Grand Soir 3 ce lundi 16 mai.

Guillaume Coubert, directeur de La Croix, a rencontré le pape lundi 8 mai dans la résidence Sainte-Marthe, où il vit au Vatican. François "a semblé serein et calme. Il n'y a pas eu de tension particulière à évoquer ces affaires de pédophilie dans l'Église", raconte le dirigeant du quotidien d'obédience catholique ce lundi soir dans le Grand Soir 3. Le Saint-Père a rejeté la démission du cardinal Barbarin, mis en cause dans deux enquêtes pour non-dénonciation d'agressions sexuelles. Guillaume Coubert comprend la colère des familles des victimes, mais il rappelle que le pape a dit qu'il n'y a pas de prescription pour ces crimes et que la tolérance zéro doit s’appliquer dans l'Église.

"Le cardinal Barbarin doit rendre compte de ces actes en tant qu'archevêque de Lyon et pas en tant qu'individu. En démissionnant, il préserverait l'institution, selon Guillaume Coubert. Il ferait baisser la pression médiatique et l'attention se détournerait. Là, le cardinal Barbarin assume sa responsabilité et en répondra en tant qu'homme d'Église. Et le pape estime qu'il faut attendre la fin de cette procédure avant de prendre une décision. Il ne dit pas que le cardinal ne doit pas démissionner, il dit que ce n'est pas le moment".

Le pape viendra en France après la présidentielle

François a aussi reproché à la France d'exagérer la laïcité. "Il veut dire par là qu'en France, les religions ont tendance à être considérées comme une sous-culture, qu'elles doivent se tenir en retrait. Il invite la société française à reconnaître les religions comme étant des actrices de la vie publique", explique Guillaume Coubert.

"Le pape a accepté le principe d'une visite en France, annonce-t-il. Il a reçu une invitation de François Hollande, mais il estime que cette visite ne peut pas avoir lieu dans un contexte électoral donc ce ne sera pas avant le deuxième semestre 2017".

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