Le pape reconnaît que des prêtres ont agressé sexuellement des religieuses

Le pape François, le 4 avril 2018 au Vatican.
Le pape François, le 4 avril 2018 au Vatican. (GIUSEPPE CICCIA / PACIFIC P / SIPA)

François a fait cette déclaration inédite dans l'avion qui le ramenait d'un voyage aux Emirats arabes unis.

Balance ton prêtre. Le pape François a reconnu, mardi 5 février, que des prêtres et des évêques avaient agressé sexuellement des religieuses. Il répondait à une question d'une journaliste dans l'avion qui le ramenait d'un voyage aux Emirats arabes unis. "Il y a eu des prêtres et aussi des évêques qui ont fait cela", a convenu le pape, qui n'avait jamais abordé directement cette problématique et l'a jugée encore d'actualité au sein de l'Eglise catholique.

Selon lui, ce phénomène peut se rencontrer "partout", mais il est plus présent dans "quelques congrégations nouvelles et dans quelques régions". "Cela fait longtemps que nous travaillons sur ce dossier. Nous avons suspendu plusieurs clercs qui ont été renvoyés en raison de cela", a dit le pape François, sans citer de noms ou de pays. "Je ne sais si le procès [canonique] est terminé, mais nous avons aussi dissous quelques congrégations religieuses féminines qui ont été très liées à cette corruption", a-t-il ajouté, notant que l'Eglise ne pouvait pas se réfugier dans le déni. "Devons-nous faire quelque chose de plus ? Oui ! En avons-nous la volonté ? Oui !" a insisté le pape.

"La maltraitance des femmes est un problème"

Jorge Bergoglio a rendu hommage à son prédécesseur Benoît XVI, qui a eu "le courage de dissoudre une congrégation féminine" "s'était installé cet esclavage des femmes, esclavage allant jusqu'à l'esclavage sexuel des femmes par des clercs et le fondateur". Une allusion aux déboires de la congrégation française des Soeurs contemplatives de Saint-Jean, a précisé après la conférence de presse le porte-parole du pape. Il a aussi fait allusion à une autre congrégation, coupable de "corruption sexuelle et économique" sur laquelle le pape Benoit XVI avait tenu à enquêter. "Ce fut un homme fort. Il a été conséquent", a-t-il souligné.

La question des agressions sexuelles commises sur des religieuses commence à faire surface dans les médias. En Inde, en particulier, une soeur a accusé un évêque catholique de l'avoir violée à de nombreuses reprises. La semaine dernière, un haut responsable de la Congrégation pour la doctrine de la foi, accusé par une ancienne religieuse allemande d'avoir été trop pressant dans un confessionnal, avait annoncé sa démission, quatre ans après un procès canonique qui lui avait valu un simple avertissement.

"La maltraitance des femmes est un problème", a commenté plus généralement le pape, mardi, devant la presse. Il a évoqué leur "statut de seconde classe" pouvant aller jusqu'au "féminicide" dans certains pays.

Vous êtes à nouveau en ligne