Climat, argent, chrétiens d'Orient... Les cinq phrases à retenir de l'interview du pape François dans "Paris Match"

Le pape François place Saint-Pierre au Vatican le 14 octobre 2015.
Le pape François place Saint-Pierre au Vatican le 14 octobre 2015. (SILVIA LORE / NURPHOTO / AFP)

Le souverain pontife fait la une du dernier numéro de l'hebdomadaire.

Dix pages. Le pape François a accordé un long entretien à Paris Match, dont il fait la une jeudi 15 octobre. L'interview, précise la spécialiste du Vatican Caroline Pigozzi, auteure de l'article, a eu lieu le 9 octobre, juste avant l'annonce du prix Nobel de la paix. Le souverain pontife faisait partie des nobélisables, à en croire les rumeurs. Finalement le prix est allé au quartet œuvrant pour la démocratie en Tunisie.

Reste un entretien à bâtons rompus, où François est interrogé sur de multiples sujets, du climat aux chrétiens d'Orient, en passant par le règne décomplexé de l'argent et l'engouement dont il est l'objet. Morceaux choisis : 

Climat : "Notre maison commune est polluée"

Interrogé par l'hebdomadaire sur la COP 21, le sommet sur le climat qui se tient à Paris en décembre, le pape espère que "ce sommet pourra contribuer à des choix concrets, partagés et visant, pour le bien commun, le long terme". Il ajoute : "Notre maison commune est polluée, elle ne cesse de se détériorer. On a besoin de l'engagement de tous. Nous devons protéger l'homme contre sa propre destruction."

Chrétiens d'Orient : "Une tragédie humanitaire qui nous interpelle"

Revenant sur le drame des chrétiens d'Orient, qui quittent l'Irak ou la Syrie en grand nombre, François observe qu'"il est en train de se passer sous nos yeux à tous une tragédie humanitaire qui nous interpelle".

Il précise : "Nous ne pouvons pas nous résigner à ce que ces communautés, aujourd'hui minoritaires au Moyen-Orient, soient contraintes d'abandonner leurs maisons, leurs terres, leurs tâches quotidiennes. Ces chrétiens sont citoyens de plein droit de leur pays, ils y sont présents comme disciples de Jésus depuis deux mille ans." L'exode des chrétiens d'Orient s'est accéléré avec l'expansion du territoire contrôlé par les jihadistes de l'Etat islamique. 

"Si l'argent et le profit à tout prix deviennent des fétiches, alors nos sociétés courent à la ruine"

Comme il l'a fait souvent, le souverain pontife dénonce l'absence de freins dans la course à l'argent. "Le capitalisme et le profit ne sont pas diaboliques si on ne les transforme pas en idoles. (...) Si en revanche (...) le bien commun et la dignité des êtres humains passent au deuxième voire au troisième plan, si l'argent et le profit à tout prix deviennent des fétiches qu'on adore, si l'avidité est à la base de notre système social et économique, alors nos sociétés courent à la ruine."

"Il ne faut pas exagérer le rôle du pape"

François minimise aussi l'engouement autour de sa personne. "L'enthousiasme dont vous faites l'objet pourra-t-il aider à résoudre la crise mondiale ?" lui demande Paris Match. "Il ne faut pas exagérer le rôle du pape et du Saint-Siège", réplique-t-il, citant en exemple le rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba : "Nous avons seulement cherché à favoriser la volonté de dialogue des responsables des deux pays et, surtout, nous avons prié."

"J'ai toujours été un prêtre de la rue"

Malgré la simplicité qu'il aime afficher, le pape avoue ne plus pouvoir comme autrefois se promener dans Rome ou manger une pizza au restaurant avec des amis. Ce qui reste un regret : "J'ai toujours été un prêtre de la rue. Les rencontres les plus importantes de Jésus et sa prédication ont lieu dans la rue."

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