Trump abandonne l'accord commercial TPP: l'Asie-Pacifique se tourne vers Pékin

Donald Trump signe un décret retirant les Etats-Unis du partenariat transpacifique.
Donald Trump signe un décret retirant les Etats-Unis du partenariat transpacifique. (AFP/ Saul Loeb)

Le TPP, l' accord commercial signé par 12 pays d’Asie-Pacifique, vient d’être abandonné par Donald Trump. Ce partenariat transpacifique contesté par les syndicats américains existait avant tout pour contenir la Chine et assurer l’influence des USA dans la région. Le retrait des USA change la donne: Pékin pourrait s’inviter dans un nouvel accord de libre-échange malgré l’opposition du Japon.


Les Etats-Unis viennent de se retirer du partenariat transpacifique (TPP) négocié depuis 2008 par 12 pays riverains ou proches de l'Océan Pacifique (Etats-Unis, Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour et Vietnam).
 
Le TPP est «un désastre potentiel pour notre pays», expliquait Donald Trump dans une vidéo publiée sur son compte Twitter en novembre 2016. Le nouveau président américain a signé le 23 janvier 2017 une ordonnance retirant les Etats-Unis du TPP, menaçant de faire de même avec l'Accord de libre-échange nord-américain (Alena), faute d'un «accord équitable» avec le Mexique et le Canada. «A la place, nous négocierons des traités commerciaux bilatéraux et justes qui ramèneront les emplois et l'industrie sur le sol américain», a d'ores et déjà annoncé Donald Trump.

Politique du «pivot» vers l'Asie
L'accord constituait l'un des piliers de la politique du «pivot» vers l'Asie, mise en œuvre par Barack Obama. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe qualifiait le TPP de moteur des réformes économiques, ainsi que de contrepoids à la montée en puissance de la Chine.
 
44% des exportations américaines vont vers les pays signataires du TPP. La région pèse tout de même 40% du PIB mondial. Face à une Chine qui affiche sa volonté d’être une puissance régionale, le TPP devait permettre aux Etats-Unis de rester une puissance du Pacifique, zone où le taux de la croissance économique est le plus fort au monde.

 
La Chine n’a jamais été invitée au TPP, les américains et le Japon y étant opposés.

Initialement voué à être un contrepoids à la Chine, le TPP pourrait paradoxalement venir la renforcer depuis que Donald Trump a décidé de s'en retirer. Plusieurs pays signataires ont appelé Pékin à désormais les rejoindre.
 
L'Australie et la Nouvelle-Zélande ont déclaré «avoir bon espoir de sauver le Partenariat transpacifique en encourageant la Chine et d'autres pays asiatiques à rejoindre ce pacte de libre-échange, ébranlé par la décision des Etats-Unis de s'en retirer».
 
Sauver le TPP
Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull a discuté avec le japonais Shinzo Abe, avec le Premier ministre néo-zélandais Bill English et avec le Premier ministre singapourien Lee Hsien Loong de la possibilité d’aller de l'avant avec le TPP sans les Etats-Unis. «Ne plus avoir les Etats-Unis dans le TPP est une grande perte, cela ne fait aucun doute. Mais nous ne sommes pas près d'y renoncer (...), il y a sûrement une possibilité de voir la Chine rejoindre le TPP», a affirmé Malcom Turnbull.

Steven Cioba, ministre australien du Commerce, a de son côté déclaré que «l'Indonésie était intéressée par le TPP et qu'il y avait de la place pour la Chine en cas de reformulation de l'accord.»

Le Japon qui redoute tout particulièrement «les dangers de l’expansionnisme chinois»... «espère que les Etats unis comprendront l’importance stratégique de ce traité, et qu’il sera repris dans quatre ans par la prochaine administration».

Barack Obama justifiait ainsi cet accord: «Si nous n’écrivons pas ces règles économiques dans la région, la Chine le fera (…). Alors que plus de 95% de nos clients potentiels vivent en dehors de nos frontières, nous ne pouvons pas laisser les pays comme la Chine écrire les règles de l’économie globale. Nous devons écrire ces règles, en ouvrant nos produits américains à de nouveaux marchés et en établissant de hauts standards de protection des employés et de la sécurité environnementale.»
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