Procédure de destitution de Donald Trump : les députés démocrates retiennent deux chefs d'accusation

Donald Trump, le 9 décembre 2019, à Washington. 
Donald Trump, le 9 décembre 2019, à Washington.  (SARAH SILBIGER / AFP)

Ces chefs doivent désormais être adoptés en séance plénière, sans doute la semaine prochaine, à la Chambre des représentants où les démocrates sont majoritaires.

"Abus de pouvoir" et "entrave à la bonne marche du Congrès". Ce sont les deux chefs d'accusation retenus par les démocrates contre Donald Trump, mardi 10 décembre, dans la procédure de destitution qui vise le président américain. Ces chefs d'accusation doivent désormais être adoptés en séance plénière, sans doute la semaine prochaine, à la Chambre des représentants où les démocrates sont majoritaires. 

Donald Trump deviendra ainsi le troisième président de l'histoire à être mis en accusation au Congrès américain, après Andrew Johnson et Bill Clinton. Il ne sera toutefois vraisemblablement pas destitué, puisque le Sénat, chargé de le juger, est contrôlé par les républicains, qui font largement bloc autour de lui. 

"Il a porté atteinte à la sécurité nationale"

Les démocrates ont ouvert une procédure de destitution contre Donald Trump après avoir appris qu'il avait demandé à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020. L'opposition l'accuse d'avoir abusé de son pouvoir pour arriver à ses fins, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit armé avec la Russie. 

"Le président a sollicité et fait pression sur l'Ukraine pour qu'elle intervienne dans notre élection présidentielle de 2020, ce faisant il a porté atteinte à la sécurité nationale, a affaibli l'intégrité des élections et a violé son serment au peuple américain", a affirmé le chef démocrate de cette commission, Jerry Nadler

Les démocrates lui reprochent également d'avoir refusé de collaborer à leur enquête, ce qui alimente le chef d'accusation "d'entrave à la bonne marche du Congrès". "Nous sommes ici aujourd'hui car l'abus par le président de ses pouvoirs ne nous a laissé aucune autre alternative", a ajouté Adam Schiff, le chef de la commission du Renseignement, qui a mené plus de deux mois d'enquête sur l'affaire ukrainienne. 

"Pure folie politique"

Dans ce dossier, Donald Trump martèle qu'il n'a rien fait de mal et dénonce une "mascarade" montée par les démocrates parce qu'ils sont incapables, selon lui, de le battre dans les urnes. "Mettre en accusation un président qui a prouvé à travers ses résultats, y compris en générant sans doute la plus solide économie de l'histoire de ce pays, avoir l'une des présidences les plus fructueuses de l'histoire et, plus important, qui n'a RIEN fait de mal, est de la pure folie politique", avait tweeté Donald Trump mardi, avant cette annonce.

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