Présidentielle américaine : en Californie, le socialisme n'est plus un gros mot

L\'une des entrées de l\'université de Berkeley, près de San Francisco, qui accueille plus de 30.000 étudiants.
L'une des entrées de l'université de Berkeley, près de San Francisco, qui accueille plus de 30.000 étudiants. (FRANCEINFO / Elise Delève)

Plus que trois jours avant les élections présidentielles américaines. Mardi, les américains sont appelés aux urnes. Dans l'État de Californie, on connait déjà le vainqueur : Hillary Clinton. Là-bas, beaucoup d'habitants sont démocrates, voire même progressistes. 

À trois jours des élections, il n'y a pas vraiment de suspens en Californie. Hillary Clinton est quasi certaine de remporter cet État mardi 8 novembre, jour de l'élection. Beaucoup d'habitants de cet État sont démocrates, et même progressistes.

Pour s'en rendre compte, il suffit d'aller à Berkeley, une université reconnue pour être très politisée et très à gauche, près de San Francisco. Demandez aux étudiants de choisir entre capitalisme et socialisme, beaucoup vous répondront le deuxième choix. Même s’ils ne savent pas vraiment ce que cela veut dire, les Américains sont de plus en plus nombreux à soutenir le socialisme. Chez les jeunes, ils seraient prêt d'un tiers à y adhérer.

Bernie Sanders, le candidat des "millenials"

Pour la plupart, le socialisme est égal à moins d’inégalité. Une approche un peu naïve mais pour Evan, en troisième année de sciences politiques, l’important est que le socialisme ne soit plus un gros mot aux États-Unis : "Ceux qui n’ont pas grandi pendant la Guerre Froide n’ont plus peur de ce mot. Les gens de ma génération n’ont pas la haine qu’ont les plus anciens contre le socialisme."

Cette génération, celle que l'on appelle les "millenials", âgée entre 18 et 35 ans, a été séduite par un homme : le socialiste démocrate Bernie Sanders. Sur le campus de Berkeley, il a récolté 78% des voix lors de la primaire démocrate. "Il a réveillé les gens sur ce qu’on pouvait faire", dit Natacha, une étudiante de Berkeley.

Il a servi de catalyseur. Les gens se sont dit "on pourrait avoir ça, alors allons-y"Léa, une étudiante de Berkeley


Pour ces deux jeunes américaines, Bernie Sanders a cassé les schémas habituels avec ses idées de gauche. L'ex-candidat à la primaire démocrate proposait l’université gratuite, le doublement du salaire minimum ou encore une assurance santé publique et universelle.

Pour attirer les 13 millions d'électeurs de Sanders, Hillary Clinton a promis qu’elle appliquerait certaines de ses propositions si elle était élue. Mais les jeunes risquent d’être déçus estime Jack Citrin, directeur de l’Institut d’études gouvernementales : "Sa candidature a forcé Clinton à prendre position sur des choses qu’elle croyait partiellement. Certaines choses vont être un fardeau pour elle. Clairement, elle a pris position car elle avait peur de ce qui se passait à la primaire avec Sanders."

Un soutien pour contrer Donald Trump

Ce virage à gauche, Niels, un étudiant en Anglais de 19 an, sait que ce n'est pas pour tout de suite aux États-Unis. Mais le changement est en marche : "Pourquoi les gens ont-il été si inspirés par Bernie Sanders ? C’est parce qu’il ne faisait pas campagne pour lui mais pour un mouvement. Et si vous regardez aujourd’hui les réseaux sociaux ou ses discours, il continue. Il ne veut pas que le mouvement s’arrête", raconte l'étudiant. "Tous les gens que je connais et qui ont voté pour Sanders doivent voter Hillary, mais les fondements sont en nous et on ne va pas les abandonner. On les portera, même au niveau local."

Pourtant, "il y a encore beaucoup à faire", avouent les étudiants rencontrés à Berkeley, comme cette jeune femme dont les parents sont Indiens. "Je suis une femme de couleur. La route est encore longue pour les gens comme moi."

Malgré tout, les critiques des démocrates contre Hillary Clinton ont été peu nombreuses ces derniers mois. Depuis que Bernie Sanders la soutient officiellement, peu ont haussé la voix. Les plus progressistes comme Daniel, un doctorant, expliquent qu’ils n’ont moralement pas le droit d’attaquer Hillary Clinton : "J'aimerais bien être capable de critiquer plus la politique de Clinton mais nous sommes tous terrifiés. Nous n'avons pas vraiment la volonté, ni la liberté de critiquer Clinton autant qu'on devrait à cause de Donald Trump. On a tellement peur qu'on va l'aider à être élu." 

Daniel n’aura pas eu le débat d’idées qu’il espérait lors de cette campagne présidentielle. Même si Hillary Clinton n’est pas assez à gauche selon lui, il votera pour elle, comme la majorité des supporters de Bernie Sanders.

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