Etats-Unis : Donald Trump suggère de "punir" les femmes qui avortent, avant de faire volte-face

Donald Trump, candidat à la primaire républicaine pour la présidentielle américaine, à Appleton (Wisconsin), le 30 mars 2016. 
Donald Trump, candidat à la primaire républicaine pour la présidentielle américaine, à Appleton (Wisconsin), le 30 mars 2016.  (MARK KAUZLARICH / REUTERS)

Le favori à l'investiture républicaine a de nouveau créé la controverse. Sauf que cette fois, il a dû revenir sur ses propos polémiques.

Le favori des primaires républicaines américaines fait de nouveau parler de lui. Donald Trump a suggéré, mercredi 30 mars, de punir les femmes qui avortent. "Il doit y avoir une certaine forme de punition", a déclaré le tonitruant milliardaire sur la chaîne MSNBC (en anglais). Il était interrogé par l'animateur Chris Matthews qui lui demandait s'il "croyait qu'il fallait une punition pour l'avortement" quand "vous dites que l'avortement est un crime". Le prétendant à la Maison Blanche a affirmé qu'il fallait "interdire" l'avortement, légal pourtant partout aux Etats-Unis depuis une décision historique de la Cour suprême en 1973.

Tollé chez ses opposants

Ces déclarations ont aussitôt provoqué une levée de boucliers du côté des partisans du droit des femmes à avorter, au premier rang desquels sa rivale démocrate Hillary Clinton. Elle a dénoncé sur Twitter des propos "terrifiants et révélateurs". "Vous ne pouvez pas laissez quelqu'un avec ce tel dédain des droits des femmes s'approcher de la Maison Blanche", a-t-elle écrit dans un autre tweet où on peut entendre les déclarations de Trump.

Le réseau du Planning familial, qui gère des cliniques où les femmes peuvent avorter, a estimé qu'il s'agissait d'une "incitation à la violence contre les femmes". Ses rivaux républicains Ted Cruz et John Kasich, opposés eux aussi au droit à l'avortement, ont condamné les propos de Donald Trump, Ted Cruz défendant le "respect" des femmes.

Donald Trump revient sur ses propos

Face à la polémique, Donald Trump a fait machine arrière, ajoutant de la confusion à une campagne déjà brouillonne. Il a d'abord publié un premier communiqué pour expliquer que "cette question n'est pas claire" avant de préciser dans un deuxième communiqué qu'il envisageait de sanctionner non pas les femmes, comme il l'avait dit sur MSNBC, mais les médecins, et seulement si une loi interdit l'avortement.

Donald Trump a déjà lui-même changé de position sur l'avortement, qu'il a longtemps défendu avant de s'y opposer dans sa campagne. Le Wall Street Journal a recensé les 30 fois où Donald Trump a tenu des propos controversés ou sur lesquels il a changé d'avis et qui, en d'autres temps, auraient sonné le glas de sa campagne. La controverse sur l'avortement a néanmoins suffi à lui assurer à nouveau un temps de présence record à l'antenne.

Le candidat républicain risque pourtant de se mettre à dos une partie des électrices, devenue son talon d'Achille, lors de la présidentielle du 8 novembre. Déjà coutumier d'insultes à l'égard des femmes, il a récemment franchi un nouveau cap en attaquant l'épouse de son rival Ted Cruz. Or les femmes représentent plus de la moitié de l'électorat américain et sont plus promptes à aller voter que les hommes. 

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