Washington ne considère plus les colonies israéliennes contraires au droit international

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, le 8 novembre 2019, à Washington. 
Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, le 8 novembre 2019, à Washington.  (DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Il s'agit d'une nouvelle décision spectaculaire en rupture avec la tradition diplomatique américaine.

L'administration de Donald Trump a donné, lundi 18 novembre, un nouveau coup de canif au consensus international sur le conflit israélo-palestinien, en annonçant que les Etats-Unis ne considéraient plus comme illégales les colonies de l'Etat hébreu en Cisjordanie occupée.

Après la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d'Israël et celle de la souveraineté de l'Etat hébreu sur le Golan syrien, il s'agit d'une nouvelle décision spectaculaire en rupture avec la tradition diplomatique américaine, aussitôt saluée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et dénoncée par l'Autorité palestinienne.

L'avis du département d'Etat de 1978 désormais caduc

"Après avoir examiné soigneusement tous les arguments de ce débat juridique", l'administration Trump conclut que "l'établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie n'est pas en soi contraire au droit international", a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo devant la presse.

Il a tenu à présenter cette annonce comme un retour à l'interprétation du président Ronald Reagan au début des années 1980, se démarquant surtout de la précédente administration démocrate de Barack Obama qui avait vivement condamné la colonisation.

Mais la politique américaine s'appuyait en fait jusqu'ici, au moins théoriquement, sur un avis juridique du département d'Etat remontant à 1978, selon lequel "l'établissement de colonies de population dans ces territoires" n'était "pas conforme au droit international". Ces colonies installées sur les territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967 sont en effet jugées illégales par l'ONU, et une grande partie de la communauté internationale voit en elles un obstacle majeur à la paix. Mike Pompeo a donc décidé que cet avis de 1978 était caduc.

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