VIDEOS. De Sydney à Washington en passant par Paris, des manifestations pour les droits des femmes et contre le sexisme de Donald Trump

Des participants à la Marche des femmes organisée au lendemain de l\'investiture de Donald Trump à Paris le 21 janvier 2017.
Des participants à la Marche des femmes organisée au lendemain de l'investiture de Donald Trump à Paris le 21 janvier 2017. (ALAIN JOCARD / AFP)

Des milliers de personnes défilent dans le centre de Washington pour manifester contre le nouveau président américain, au lendemain de son investiture. Une Marche des femmes qui a lieu au-delà des frontières américaines.

Jamais depuis 40 ans un président des Etats-Unis n'a suscité une telle défiance à sa prise de fonctions. Des dizaines de milliers de personnes, surtout des femmes, se sont rassemblées, samedi 21 janvier, vers le centre de Washington pour manifester contre le nouveau président américain Donald Trump, investi vendredi pour un mandat de quatre ans.

Imaginée par une grand-mère hawaïenne, Teresa Shook, la Marche des femmes se veut un exutoire pour que les femmes et les hommes qui se considèrent féministes puissent exprimer leur malaise et leur anxiété à l'entame du mandat d'un homme dont les dérapages sexistes ont émaillé son ascension vers la Maison Blanche. Mais la mobilisation dépasse les frontières des Etats-Unis. 

Au total, le site internet de la Women's March (en anglais) compte environ 673 manifestations un peu partout à travers le monde. Voici des images des principaux cortèges.

Coup d'envoi donné à Sydney

"Que voulons-nous ?" "L'égalité !" C'est aux cris de ces slogans que des milliers d'Australiens, hommes et femmes, ont lancé la série de manifestations contre Donald Trump prévues dans le monde et aux Etats-Unis. Ils ont défilé à Sydney, en Australie.

M. DEFROYENNE / FRANCE 2

D'autres ont défilé à Melbourne, mais aussi à Wellington et Auckland, en Nouvelle-Zélande.

A Rome, le chant de centaines de femmes

En Italie, c'est à Rome, devant le Panthéon, qu'entre 400 et 500 femmes se sont rassemblées. Elles ont chanté toutes ensemble pour protester contre l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

Elles ont agité des pancartes devant l'ambassade des Etats-Unis : "Trump est une honte pour l'Amérique", "Non à la violence contre les femmes".

Au moins 2 000 personnes à Paris

A Paris, au moins 2 000 personnes, dont beaucoup de femmes et de ressortissants américains, se sont rassemblées sur le parvis du Trocadéro, pour protester contre "tout ce que Trump représente" et défendre les droits des femmes.

"Je suis là pour les femmes et pour toutes les minorités car Trump est une menace pour l'humanité", a expliqué lors du défilé parisien Kendra Wergin, une trentenaire américaine. Membre de l'Union européenne féminine, Françoise Seme Wallon, 70 ans, a exprimé son intention "d'aller à New York". "Trump ? Mieux vaut l'ignorer", dit-elle, indignée par son attitude à l'égard des femmes. "C'est un sale bonhomme et il est dangereux pour le monde entier. On n'a pas le droit d'abaisser les gens à ce point".

Des rassemblements étaient organisés dans d'autres villes de France. A Marseille, où l'appel a réuni une cinquantaine de personnes, un groupe d'Américains portait une pancarte où était écrit : "Trump, Liar in chief" ("Trump, menteur en chef"). Devant l'Opéra de Lyon, ils étaient quelques centaines de manifestants, en majorité des femmes, avec notamment ce slogan : "Donald, c'est pas du Walt Disney."

Un millier de personnes à Berlin

D'autres manifestants se sont rassemblés à Berlin, devant la porte Brandebourg, en face de l'ambassade des Etats-Unis. Ils ont brandi les pancartes avec les visages de femmes réalisées par Shepard Fairey, l'artiste à l'origine du portrait rouge et bleu de Barack Obama en 2008, devenu iconique.

A Londres, un cortège impressionnant

Malgré le froid et sous un soleil d'hiver, un impressionnant cortège, essentiellement féminin, s'est mis en route samedi à Londres devant l'ambassade des Etats-Unis. L'objectif était d'atteindre Trafalgar square. Le maire de la ville, Sadiq Khan, faisait lui aussi partie des manifestants.  Les rues étaient noires de monde, comme le montrent des images aériennes. Les organisateurs ont revendiqué 100 000 participants.

Sur les banderoles s'affichaient les slogans suivants : "La culture du viol s'est frayée un chemin jusqu'à la Maison Blanche", "Virons Trump".

"Je veux que la majorité des Américains qui n'ont pas voté pour lui sachent qu'on les soutient dans le monde entier", a déclaré à l'AFP un acteur de 31 ans. Hannah Bryant, une employée de musée, est venue avec sa fille de quatre ans. Toutes les deux portaient un "Pussyhat", des bonnets roses à oreilles de chat, spécialement tricotés pour l'occasion et devenus le symbole de l'opposition à Donald Trump.

Le terme "pussy" désigne en anglais la chatte, animal domestique, ou le sexe féminin. C'est ce mot que Donald Trump avait utilisé dans une vidéo qui avait fait scandale pendant sa campagne, où il se vantait de pouvoir se payer les femmes qu'il voulait et de les "attraper par la chatte".

Le point d'orgue à Washington

A Washington, cette "Marche des femmes" espère réunir dans la capitale fédérale 500 000 personnes. Les participants convergent vers la vaste esplanade en face de laquelle Donald Trump a justement été intronisé 45e président des Etats-Unis.

Le cinéaste Michael Moore, l'actrice Scarlett Johansson ou la militante des droits civiques Angela Davis sont quelques-unes des célébrités qui s'exprimeront. Les chanteuses Katy Perry et Cher soutiennent cette initiative.

Les raisons avancées par des militantes sont légion. "Il y a beaucoup de choses : protester contre l'administration qui s'installe et contre l'irrespect flagrant à l'égard des femmes et des gens de couleur", résume Whitney Jordan, 28 ans, qui travaille dans un magasin de New York. Elle est venue à Washington dans un car affrété par l'association Planned Parenthood, une des principales organisations de planification familiale qui soutient fortement la Marche des femmes.

Parmi les autres motifs, figurent aussi le refus des projets de la nouvelle administration de supprimer l'Obamacare. Et l'un des manifestants a même une pensée pour la nouvelle Première dame, Melania Trump, selon notre envoyée spéciale Marie-Adélaïde Scigacz.

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