Un appel aux dons lancé par "She Decides" après le décret anti-avortement de Trump

La conférence vise à compenser l\'interdiction décrétée par Donald Trump d\'allouer des fonds fédéraux aux ONG étrangères soutenant l\'avortement.
La conférence vise à compenser l'interdiction décrétée par Donald Trump d'allouer des fonds fédéraux aux ONG étrangères soutenant l'avortement. (NICOLAS MAETERLINCK / BELGA MAG)

La conférence "She Decides" ouverte jeudi à Bruxelles vise à collecter des dons en faveur des ONG internationales pour compenser la perte de fonds décrétée en janvier dernier par le président américain. 

Aussitôt arrivé à la Maison Blanche, le 23 janvier dernier, Donald Trump a signé un décret interdisant le financement d'ONG internationales qui soutiennent l'avortement. Afin de compenser les pertes financières, une conférence de donateurs, réunissant plus de 40 pays, s'est ouverte jeudi à Bruxelles, en Belgique.

Les pays en développement frappés

Une initiative appelée "She Decides", "elle décide" en anglais, a été lancée par les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark et la Suède après l’annonce anti-avortement de Donald Trump. Son décret implique que les Etats-Unis ne soutiendront plus financièrement les ONG étrangères qui pratiquent l’avortement ou qui militent pour rendre l’interruption volontaire de grossesse (IVG) légale dans les pays en développement. Les pays organisateurs de la conférence internationale de Bruxelles insistent pour rappeler que les femmes doivent être en mesure de décider à quel moment elles veulent des enfants et combien elles en veulent. Leurs vœux risquent d'être mis à mal pour des raisons financières. 

Moins 600 millions de dollars par an 

L’initiative "She Decides" vise à collecter des fonds pour soutenir les associations qui seront, du fait de la décision américaine, amputées de quelque 600 millions de dollars par an. Les fonds sont indispensables pour favoriser l'accès à la contraception, à l'avortement en toute sécurité et aux soins gynécologiques. Sans cet apport budgétaire, les ONG annoncent une situation dégradée, avec la prévision de deux millions d’avortements à risque supplémentaires, au cours des trois prochaines années. Les pays qui ont sonné l'alerte ont reçu le soutien de principe de Bill Gates. Dans un entretien accordé au quotidien britannique The Guardian, le 14 janvier, le milliardaire américain s'est indigné de la décision présidentielle, tout en prévenant que sa fondation ne pourrait pas combler toutes les pertes financières.