Un accord migratoire entre le Guatemala et les Etats-Unis suscite de vives critiques

Donald Trump, le ministre guatémaltèque de l\'Intérieur, Enrique Degenhart (à gauche) et le secrétaire américain par intérim à la Sécurité intérieure, Kevin K. McAleenan (à droite) lors de la signature de l\'accord concernant les demandeurs d\'asile transitant par le Guatemala, le 26 juillet 2019 à Washington (Etats-Unis). 
Donald Trump, le ministre guatémaltèque de l'Intérieur, Enrique Degenhart (à gauche) et le secrétaire américain par intérim à la Sécurité intérieure, Kevin K. McAleenan (à droite) lors de la signature de l'accord concernant les demandeurs d'asile transitant par le Guatemala, le 26 juillet 2019 à Washington (Etats-Unis).  (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

Sous la pression de Donald Trump, le Guatemala est désormais considéré comme un "pays tiers sûr" pour accuellir les demandeurs d'asile vers les Etats-Unis. 

Le Guatemala a fini par céder aux menaces de sanctions américaines. Le pays d'Amérique centrale a accepté, vendredi 26 juillet, de devenir un "pays tiers sûr" pour contribuer à réduire le nombre de demandes d’asile aux Etats-Unis. Les demandeurs d'asile transitant par le Guatemala devront désormais effectuer leurs premières démarches. Une persone qui traverse un "pays tiers sûr" doit en effet déposer sa demande d'asile dans ce pays et non plus dans le pays de destination.

Au Guatemala, où 60% de la population vit sous le seuil de pauvreté, la signature de cet accord suscitent un tollé. "L'Etat du Guatemala ne remplit pas les conditions pour recevoir les migrants: il ne peut même pas venir en aide aux Guatémaltèques eux-mêmes", a déclaré à l'AFP Mauro Verzeletti, directeur de la Maison du migrant, une institution affiliée à l'Eglise catholique. D'après lui, le pays n'a pas les ressources économiques pour assurer sécurité, travail, éducation, services de santé et logement à des milliers de migrants, venant principalement du Honduras et du Salvador, mais également d'Afrique et des Caraïbes.

Menace de taxation des importations guatémaltèques

A l'origine, c'est le président Jimmy Morales et son homologue américain Donald Trump qui devaient parapher le document le 15 juillet. Mais le chef de l'Etat guatémaltèque avait reporté sine die sa visite à Washington devant la levée de boucliers que provoquait la perspective de ce pacte.

Furieux, Donald Trump a alors imposé la conclusion de l'accord en menaçant de taxer les importations guatémaltèques des Etats-Unis, ainsi que les transferts d'argent des émigrés à leurs proches restés au pays (près de 9,3 milliards de dollars l'année dernière). Environ 1,5 million de Guatémaltèques résident aux Etats-Unis, dont 300 000 à 400 000 légalement, selon une estimation officielle.

Le Procureur des droits de l'Homme au Guatemala, Jordan Rodas, a présenté deux recours devant la Cour constitutionnelle demandant de bloquer son entrée en vigueur, ainsi que la destitution du ministre de l'Intérieur Enrique Degenhart, pour avoir signé le pacte migratoire à Washington sans en avoir la compétence. 

Edie Cux, coordinateur de l'ONG Accion Ciudadana, estime lui aussi que l'accord est "illégal" et a présenté également un recours devant la Cour constitutionnelle, en faisant valoir que c'est à l'Assemblée nationale de ratifier le document.

D'autres ONG, comme Amnesty International, Refugees International et la coalition Refugio para las Familias (Refuge pour les familles), estiment que l'accord portent atteinte aux droits des migrants.

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