Tirs de l'armée, fin du droit du sol... Donald Trump remet l'immigration au centre de la campagne des "midterms"

Le président américain, Donald Trump, lors d\'un meeting de campagne dans le Missouri (Etats-Unis), le 1er novembre 2018.
Le président américain, Donald Trump, lors d'un meeting de campagne dans le Missouri (Etats-Unis), le 1er novembre 2018. (SAUL LOEB / AFP)

Le président des Etats-Unis multiplie depuis plusieurs jours les déclarations alarmistes sur les migrants et l'immigration. 

A quelques jours des élections de mi-mandat, Donald Trump multiplie les annonces chocs sur l'immigration depuis le mardi 30 octobre. Fin du droit du sol, déploiement des soldats à la frontière... Le président américain place, sans surprise, ce thème au centre de sa communication politique. La stratégie est claire : remobiliser ses partisans pour les midterms du 6 novembre, lors desquelles le contrôle du Congrès, actuellement aux mains des républicains, est en jeu.

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"Plus Trump sature l'espace politique (...) d'images choc et de promesses relatives à l'immigration, plus il satisfait son électorat et l'incite à aller voter, tout en privant les démocrates de carburant politique 'santé'", analyse sur Twitter Corentin Sellin, professeur d'histoire et spécialiste de la politique américaine. Franceinfo fait le point sur les mesures annoncées par Donald Trump ces derniers jours. 

Il suggère que l'armée tire sur les migrants

C'est la dernière idée en date de Donald Trump sur le sujet. Jeudi, le président américain a laissé entendre que les soldats pourraient faire usage de leurs armes en cas d'agression de la part des migrants. "[Les migrants] veulent lancer des pierres sur notre armée, notre armée réplique. Nous allons considérer cela, et c'est ce que je leur ai dit, comme si c'était un fusil", a déclaré Donald Trump devant les journalistes à la Maison Blanche.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole du Pentagone a expliqué ne pas vouloir faire de commentaire sur des "situations hypothétiques". "Nos troupes sont des professionnels entraînés qui disposent toujours du droit fondamental de légitime défense", a-t-il seulement déclaré, en tenant à rappeler que l'armée était présente en "soutien" des gardes-frontières, chargés de faire appliquer la loi.

Il veut mettre fin au droit du sol, par décret

"Nous sommes le seul pays au monde où, si une personne arrive et a un bébé, le bébé est citoyen des Etats-Unis... avec tous les avantages", a affirmé Donald Trump dans un extrait de l'entretien accordé au site Axios et à la chaîne HBO, dans le cadre d'une série documentaire en quatre parties dont la diffusion débute dimanche. "C'est ridicule, il faut que cela cesse." L'affirmation est inexacte, puisque plusieurs autres pays, dont le Canada, accordent également la nationalité à une personne née sur son sol, même si ses parents sont en situation irrégulière. Néanmoins, le message est clair : le président américain envisage de signer un décret pour que les enfants nés sur le sol américain de parents en situation irrégulière ne bénéficient plus de la nationalité américaine.

La remise en cause, par décret présidentiel, de ce principe inscrit dans le 14e amendement de la Constitution américaine devrait cependant se heurter à des obstacles juridiques majeurs, nombre d'experts estimant que le président ne peut prendre une telle décision. Ainsi, pour Laurence Tribe, professeur de droit constitutionnel à l'université de Harvard, ce projet de décret est tout simplement une aberration. "Si le droit du sol garanti par le 14e amendement pouvait être effacé d'un trait de plume par Trump, alors la Constitution dans son ensemble pourrait être effacée de la même manière", a-t-il tweeté.

Au sein-même du camp républicain, des voix se sont élevées pour souligner qu'il était impossible de remettre en cause, d'un simple décret, l'une des pierres angulaires du système d'immigration."Vous ne pouvez évidemment pas faire cela", a tranché, sur la radio locale WVLK, Paul Ryan, chef des républicains à la Chambre des représentants. Pas de quoi faire reculer Donald Trump qui, le lendemain, a affirmé qu'il "sera mis fin d'une manière ou d'une autre" au droit du sol. 

Il veut contenir les "caravanes de migrants"

Le président américain a également multiplié les sorties à propos des  "caravanes de migrants" venues d’Amérique centrale, en marche depuis plusieurs semaines vers les Etats-Unis. Pour contenir les quelque 6 000 réfugiés hors du territoire américain, Donald Trump envisage ainsi d’envoyer jusqu’à 15 000 soldats à la frontière avec le Mexique.

"Nous avons environ 5 000 soldats et nous irons jusqu’à 10 000 ou 15 000", a-t-il affirmé depuis les jardins de la Maison Blanche, mercredi 31 octobre. Ils s’ajoutent aux 2 100 membres de la Garde nationale déjà mobilisés à la frontière.

"Les caravanes sont composées de gens et de combattants coriaces, a martelé sur Twitter le président des Etats-Unis. Ils ont répondu de manière dure et brutale" avant d'entrer au Mexique, a-t-il soutenu. "Les soldats mexicains blessés n'ont pas pu, ou pas voulu, stopper la caravane. Ils devraient les arrêter avant qu'elle n'atteigne notre frontière, mais ils ne le font pas !"

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