"On ne sait jamais ce qui peut se passer" : aux États-Unis, les bénévoles au chevet des migrants restent prudents

Des familles de migrants accueillies dans une église de McAllen, au Texas le 20 juin 2018.
Des familles de migrants accueillies dans une église de McAllen, au Texas le 20 juin 2018. (GREGORY PHILIPPS / RADIO FRANCE)

Après le revirement de Donald Trump sur la séparation de familles de migrants, des bénévoles qui les accueillent au Texas, bien que soulagés, restent en veille sur la suite des procédures administratives. 

Après une vague d'indignation mondiale, le président des États-Unis a décidé, par décret, de mettre fin, mercredi 20 juin, aux séparations des familles de migrants. La volte-face de Donald Trump est accueillie avec soulagement par les migrants, mais les bénévoles qui les accueillent restent inquiets, à l'image de ceux de McAllen, au sud du Texas.

Des familles de migrants se reposent dans une église de McAllen (Texas) le 20 juin 2018.
Des familles de migrants se reposent dans une église de McAllen (Texas) le 20 juin 2018. (GREGORY PHILIPPS / RADIO FRANCE)

À McAllen, une cinquantaine de migrants sont rassemblés dans une église où on leur sont distribués des vêtements, de la nourriture et des conseils juridiques. Venues du Mexique, du Honduras ou du Salvador, la plupart de ces personnes ont traversé le fleuve Rio Grande, il y a moins de 48 heures. Les hommes regardent le football à la télévision, tandis que les enfants s’amusent avec des jouets d’occasion. Maria, bénévole au centre d’accueil, se réjouit de l'annonce du président Trump intervenue mercredi. La situation, dit-elle est déjà suffisamment perturbante pour les plus jeunes. "Quand vous entendez les pleurs des enfants la nuit, qui dorment dans un endroit étrange, qui ressemble pour eux à une prison, ce n’est pas juste", explique-t-elle.

Un enfant de migrant accueilli par des bénévoles à McAllen (Texas) le 20 juin 2018.
Un enfant de migrant accueilli par des bénévoles à McAllen (Texas) le 20 juin 2018. (GREGORY PHILIPPS / RADIO FRANCE)

Pendant trois semaines, Marta a voyagé du Guatemala jusqu’aux États-Unis avec ses trois enfants de trois, quatre sept et huit ans. Elle témoigne avoir réussi à passer la frontière avec le Mexique il y a une semaine. Mais à ce moment-là, dit-elle, des agents du "border patrol", chargés de surveiller la frontière, l’ont arrêtée. Ils ont placé ses deux plus grands enfants dans des centres de rétention différents. Le plus jeune est resté avec elle, mais la famille est restée séparée une semaine. "C’était tellement triste", raconte Marta, épuisée.

Ces familles de migrants préparent la suite. Autour d'elles, Hermi, une bénévole veut croire que la signature du décret leur permettra de se réunir. "On prie pour que cela arrive parce que ces familles divisées, c’est triste pour nous, mais je ne peux même pas imaginer ce que cela représente pour elles", dit-elle, tout en restant méfiante. "On espère que c’est terminé, mais on verra bien. On ne sait jamais ce qui peut se passer", avance-t-elle. 

Des familles de migrants reçoivent des conseils juridiques par des bénévoles de McAllen (Texas) le 20 juin 2018.
Des familles de migrants reçoivent des conseils juridiques par des bénévoles de McAllen (Texas) le 20 juin 2018. (GREGORY PHILIPPS / RADIO FRANCE)

Marta, venue du Guatemala porte désormais un bracelet électronique à la cheville. Cette mère de famille compte aller plus au Nord, avec ses enfants, en Virginie, pour tenter d’y obtenir une autorisation de séjour sur le territoire américain.

Le reportage de Grégory Philipps à McAllen, au Texas (Etats-Unis) auprès de familles de migrants et de bénévoles
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