Les Etats-Unis veulent moins payer pour la paix en Afrique

John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, lors d\'une conférence de presse, le 27 novembre 2013 à la Maison Blanche.
John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, lors d'une conférence de presse, le 27 novembre 2013 à la Maison Blanche. (NICHOLAS KAMM / AFP)

John Bolton a fait sensation le 13 décembre 2018, en dévoilant la stratégie africaine de l’administration américaine. Devant le cercle conservateur Heritage fondation, le conseiller à la sécurité nationale du président Trump a annoncé le désengagement américain des "actions improductives, missions de maintien de la paix de l'ONU infructueuses et non responsables". Les casques bleus seraient inutiles.

Concrètement, les Etats–Unis veulent réduire leur contribution financière aux forces de maintien de la paix dès 2019. Une réduction toutefois symbolique de 3,47 %. Selon l’administration Trump, la contribution américaine ne doit plus dépasser le quart du budget des soldats de la paix qui s’élève à 6,7 milliards de dollars.

John Bolton a donc plaidé pour une réforme de la mission de l’ONU. "A partir de maintenant, les Etats-Unis ne toléreront plus ce schéma d'aide de longue date sans effet, d'assistance sans responsabilité et de secours sans réforme." John Bolton a ainsi cité la mission de la Minurso, la force de maintien de la paix au Sahara occidental, déployée depuis 27 ans. Aujourd’hui encore, la Minurso déploie 700 personnes et coûte 52 millions de dollars annuellement.

Mais si la mission semble s’éterniser, c’est que l’objectif est ambitieux. Il s’agit de parvenir à l’organisation d’un référendum d’autodétermination de la population sahraouie sur un territoire revendiqué par le Maroc.

Sur les 14 opérations actuelles de maintien de la paix à travers le monde, sept concernent l’Afrique. L’idée américaine est de ne pas hésiter à mettre fin aux missions de la paix qui ne parviennent pas à leur fin.

Des soldats japonais, membres du contingent de la Minuss au Soudan du Sud, le 8 octobre 2016 à Juba, la capitale du pays.
Des soldats japonais, membres du contingent de la Minuss au Soudan du Sud, le 8 octobre 2016 à Juba, la capitale du pays. (CHARLES ATIKI LOMODONG / AFP)

Mais aux yeux de Jean-Pierre Lacroix, le chef des opérations de maintien de la paix à l’ONU, il n’y a pas de mission sans issue. Cela fonctionne à condition que "le Conseil de sécurité des Nations Unies nous confie des mandats clairs et réalisables et que nous disposions de soutien et de ressources adéquats".

Gouvernance

Dans son discours, John Bolton a aussi évoqué la gouvernance des Etats. Il a notamment pointé du doigt les "dirigeants moralement en faillite". C’est le cas, selon lui, de Salva Kiir au Soudan du Sud. Les Etats-Unis sont en train de revoir l’aide versée à ce pays, en guerre depuis la lutte pour l’indépendance en 1983. Pour l’administration américaine, Salva Kiir est en grande partie responsable de la situation de son pays.

Mais plus globalement, John Bolton a présenté la nouvelle stratégie des Etats-Unis en Afrique : aider les pays à se prendre en charge, tant sur le plan de leur sécurité que de leur économie. "Les Etats-Unis ne fourniront plus d'assistance aveugle sur tout le continent, sans focalisation ni priorité", a déclaré l’ancien ambassadeur américain aux Nations-Unies.

A ses yeux, les Etats-Unis doivent obtenir un retour sur investissement qui favorise son commerce et ses entreprises. La stratégie vise à lutter contre l’influence grandissante de la Chine et de la Russie sur le continent.

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