"Le président a poussé ses attaques encore plus loin" : le patron du "New York Times" réplique à Trump sur ses accusations de "trahison"

Arthur Sulzberger, le patron du \"New York Times\", à New York, le 17 septembre 2013.
Arthur Sulzberger, le patron du "New York Times", à New York, le 17 septembre 2013. (NEILSON BARNARD / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Arthur Sulzberger répliquait à des commentaires twittés samedi par le président américain, accusant le journal d'avoir commis "un acte virtuel de trahison" en publiant des informations selon lesquelles les Etats-Unis multiplient les intrusions numériques dans le réseau électrique russe.

Le patron du New York Times a dénoncé jeudi 20 juin les accusations de "trahison" formulées contre le quotidien américain par Donald Trump. Arthur Sulzberger estime qu'elles "franchissent un cap dangereux dans la campagne du président contre une presse libre et indépendante". Il n'existe "pas d'accusation plus sérieuse qu'un commandant en chef puisse porter contre une organisation de presse indépendante", écrit le journaliste, s'exprimant dans le Wall Street Journal et non dans son propre média.

Donald Trump "est passé d'une présentation erronée de nos activités à l'agression contre notre intégrité, la diabolisation de nos journalistes", ajoute le directeur de la publication du New York Times. "Le président a poussé ses attaques encore plus loin, accusant le Times d'un crime si grave qu'il est passible de mort".

"Ennemis du peuple"

Arthur Sulzberger répliquait à des commentaires twittés samedi par le président américain, accusant "ces ratés du New York Times" d'avoir commis "un acte virtuel de trahison" en publiant le même jour des informations selon lesquelles les Etats-Unis multiplient les intrusions numériques dans le réseau électrique russe. "Aussi, c'est faux !" s'est emporté Donald Trump en traitant le quotidien new-yorkais de "corrompu" et répétant ses accusations selon lesquelles les journalistes sont "les ennemis du peuple".

Selon le journal, qui cite des responsables américains, Donald Trump n'a pas été mis au courant dans le détail de ces intrusions numériques, "de crainte de sa réaction et face à la possibilité qu'il les annule ou en discute avec des responsables étrangers, comme en 2017 lorsqu'il avait mentionné une opération sensible en Syrie devant le ministre russe des Affaires étrangères".

Arthur Sulzberger explique que son journal avait contacté la Maison Blanche avant publication et avait reçu l'assurance auprès de collaborateurs de Donald Trump que l'article ne posait pas de problèmes pour la sécurité nationale.

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