La mise en accusation de Donald Trump "va laisser une tache sur sa présidence" et "il en est furieux", selon la chercheuse Marie-Cécile Naves

Donald Trump, le 18 décembre 2019.
Donald Trump, le 18 décembre 2019. (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

Toutefois la spécialiste assure qu'il est toujours peu probable que le président américain soit destitué sauf "une grosse bévue de Trump".

Donald Trump ne sera probablement pas destitué, selon Marie-Cécile Naves chercheuse à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), auteure de "Trump, la revanche de l'homme blanc" (éditions Textuel), mais "cette procédure va laisser une tache sur sa présidence". "Il est fragilisé, il le sait très bien et il en est furieux", a-t-elle estimé jeudi 19 décembre sur franceinfo, alors que le président américain a été mis en accusation mercredi soir lors d'un vote au Congrès, synonyme de procès en destitution. Il appartient désormais au Sénat de juger Donald Trump, sans doute en janvier. Mais les républicains, qui contrôlent la chambre haute, ont la ferme intention d'acquitter leur président.

franceinfo : Donald Trump peut-il vraiment être destitué ?

Marie-Cécile Naves : Non, on pensait que les auditions publiques à la Chambre des représentants allaient peut être changer la donne, dans le sens où l'opinion publique allait être un peu moins clivée entre démocrates et républicains, mais il n'en a rien été. La division très partisane de la population américaine, et donc des élus qui regardent ce que disent les sondages sur la population américaine, demeure. Sauf circonstances exceptionnelles, un témoin magique qui sort du chapeau par exemple, ou une grosse bévue de Trump, il ne devrait pas être destitué. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'est pas fragilisé quand même dans cette procédure. C'est une procédure qui va laisser une tache sur sa présidence. Il le sait très bien et il en est furieux. D'ailleurs, hier, il a beaucoup tweeté. Ces derniers jours, il a battu son record de tweets : plus de cent tweets par jour.

Le tweet de réaction de Trum, jeudi matin à 4h49 :

Comment ce procès en destitution peut-il influer sur la campagne présidentielle, qui bat son plein en ce moment aux États-Unis ?

Cela va être très intéressant parce que les démocrates à la Chambre des représentants qui ont mis en place cette procédure, Nancy Pelosi et Adam Schiff, ne sont pas candidats à la candidature démocrate, donc ils ne vont pas être dans la campagne directement, et ils peuvent utilement jouer sur le registre de la défense des institutions, le respect de la Constitution, être très factuels et non pas dans le registre émotionnel.

Donc ce sera positif pour le camp démocrate ?

Oui et non, parce qu'en fonction aussi de qui va remporter les primaires démocrates, on aura peut-être un discours beaucoup plus partisan, beaucoup plus émotionnel sur cette procédure d'impeachment, registre sur lequel Trump est en train de jouer à plein, avec des insultes, il traite Nancy Pelosi de "dingue", Adam Schiff de "sournois". On est dans un registre discursif extrême, et en même temps, il se présente comme la victime d'une persécution, de harcèlement. Il parle du procès des sorcières de Salem. C'est classique chez Trump de retourner contre l'adversaire les accusations dont il fait l'objet.

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