"La Floride, c'est l'oeil du cyclone" : à Miami, les centres de dépistage du coronavirus ne désemplissent pas

Les habitants patientent dans leurs voitures pour effectuer des tests de dépistage du coronavirus au Hard Rock Stadium de Miami, en Floride, le 2 juillet 2020.
Les habitants patientent dans leurs voitures pour effectuer des tests de dépistage du coronavirus au Hard Rock Stadium de Miami, en Floride, le 2 juillet 2020. (GARY I ROTHSTEIN / MAXPPP)

Au sud-est des États-Unis, l’épidémie de coronavirus, loin d’être terminée, paraît même hors de contrôle. La Floride concentre à elle seule 20% des nouveaux cas aux États-Unis et la situation est particulièrement tendue à Miami.

Sur le parking du Hard Rock Stadium dans le quartier de Miami Gardens, se trouve un centre de dépistage du coronavirus. Et devant, une file de voitures s'étend sur 2 ou 3 km. Sous un soleil de plomb, les gens patientent dans leurs véhicules pour aller se faire tester. "Ça fait trois heures, explique un automobiliste. Je suis là parce que mon colocataire est contaminé, je veux être sûr de ne pas l'avoir. La Floride maintenant, c'est l'oeil du cyclone." Dans l'État, très touché par l'épidémie, 11 500 nouvelles contaminations ont été dénombrées pour la seule journée de samedi 4 juillet.

Couvre-feu à partir de 22h et jusqu'à nouvel ordre

Des centres de dépistages comme celui-là, on en voit partout désormais en ville, et partout les mêmes files d’attente. On passe aussi devant les plages de Miami Beach, fermées. Le soir à partir de 22h, il y a désormais un couvre-feu jusqu’à 6h du matin. "Le couvre-feu, c'est justement pour arrêter que les gens sortent, pour éviter les rassemblements, explique Corentin Finot, un restaurateur français installé à North Miami. Mais je pense que le gros problème c'est qu'ils ont rouvert la frontière de l'Etat tout de suite."

Les gens viennent de New York, de Georgie, faire la fête. C'est le 'spring break' bis, c'est n'importe quoi.Corentin Finot, restaurateur français à franceinfo

"Un couvre feu à partir de 10h ?", s’étonne Francina, venue avec une bande de copines de Caroline du Nord passer le week-end du 4 juillet, "et bien, les rues vont être vides et ils vont perdre beaucoup d’argent", estime-t-elle.

Depuis trois mois en effet, les commerces de Miami Beach vivent au rythme de cette pandémie et des fermetures de la plage et des restaurants. Isabelle gère un "diner" à l’américaine, à l’angle de Washington avenue et de la 11eme rue. Son entourage a été particulièrement frappé par la maladie. "Un de nos anciens cuisiniers est mort du Covid, un de nos anciens barmen également", raconte la gérante. 

On a un gouverneur qui a rouvert (la frontière) trop tôt, un gouverneur qui ne croit pas vraiment en la science. Avec les chiffres que l'on a là, c'est terrible.Isabelle, gérante d'un "diner" à Miami Beachà franceinfo

Le couvre-feu à Miami est instauré jusqu’à nouvel ordre, et au début de cette saison estivale, personne ne sait si les plages rouvriront bien ce mercredi 8 juillet. Sur la carte du Covid-19 aux États-Unis, la Floride est désormais en noir. C’est pourtant dans cet État, à Jacksonville, au nord de Miami, que Donald Trump prévoit d’organiser fin août la convention républicaine et son investiture pour la présidentielle de novembre.

La Floride dans "l'oeil du cyclone" du coronavirus : écoutez le reportage de Grégory Philipps
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