L'Iran relance ses activités d'enrichissement d'uranium pour faire pression sur ses partenaires (dont la France)

Le président iranien, Hassan Rohani, lors d\'une conférence à Erevan, en Arménie, le 10 janvier 2019.
Le président iranien, Hassan Rohani, lors d'une conférence à Erevan, en Arménie, le 10 janvier 2019. (ASATUR YESAYANTS / SPUTNIK)

Téhéran veut que la Chine, la France, le Royaume-Uni, la Russie et l'Allemagne l'aident à contourner les sanctions rétablies par Washington.

L'Iran a réduit un peu plus, mardi 5 novembre, ses engagements internationaux en matière nucléaire en annonçant la reprise, dans une usine souterraine, d'activités d'enrichissement d'uranium jusque-là gelées. La mesure, dévoilée par le président Hassan Rohani, survient au lendemain de l'expiration d'un délai donné par Téhéran à ses partenaires de l'accord sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015. L'Iran demandait à ces partenaires qu'ils l'aident à contourner les conséquences du retrait des Etats-Unis de ce pacte en 2018.

Elle correspond à la quatrième phase du plan de réduction des engagements iraniens en matière nucléaire lancé en mai en riposte au retrait unilatéral américain. Par cette politique, Téhéran entend faire pression sur ses partenaires qui sont encore dans l'accord (Chine, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) pour qu'ils l'aident à contourner les sanctions rétablies par Washington après sa sortie du pacte, et qui asphyxient son économie.

Dans une usine souterraine 

Disant "comprendre les inquiétudes" de la République islamique face aux sanctions américaines, régulièrement renforcées, le Kremlin a dit "observer avec préoccupation le développement de la situation". Paris et l'Union Européenne ont appelé Téhéran à revenir sur sa décision qui, selon le Quai d'Orsay, va "à l'encontre de l'accord" de Vienne. Pour l'Union européenne, chaque réduction supplémentaire des engagements iraniens rend "plus difficile" le sauvetage de l'accord, validé par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

Selon Hassan Rohani, l'Iran va reprendre les activités d'enrichissement d'uranium de son usine souterraine de Fordo (à quelque 180 km au sud de Téhéran) qu'il avait gelées en vertu de l'accord de Vienne. Conformément à ce texte, l'Iran dispose à Fordo de 1 044 centrifugeuses de première génération IR-1 qui tournent à vide ou sont à l'arrêt.

"A partir de demain, nous commencerons à injecter du gaz (hexafluorure d'uranium) à Fordo", a-t-il ajouté, en faisant référence au procédé utilisé pour produire de l'uranium enrichi en isotope 235 à partir de ces machines. Hassan Rohani a précisé que toutes les activités nucléaires de l'Iran restent sous le contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). La République islamique est soumise au régime d'inspection le plus strict jamais mis en place par cet organe de l'ONU.

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