L'Iran lance un satellite militaire, sur fond de vives tensions avec les Etats-Unis

Une image du satellite militaire lancé le 22 avril 2020 dans le désert de Markazi (Iran), diffusée par les Gardiens de la Révolution.
Une image du satellite militaire lancé le 22 avril 2020 dans le désert de Markazi (Iran), diffusée par les Gardiens de la Révolution. (IRAN PRESS / AFP)

L'hostilité entre les deux pays a été exacerbée depuis que les Etats-Unis ont quitté il y a deux ans l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien et rétabli les sanctions économiques punitives contre l'Iran.

Des tensions persistantes entre l'Iran et les Etats-Unis, malgré la pandémie de nouveau coronavirus. L'Iran a dit, mercredi 22 avril, avoir lancé "avec succès" un premier satellite militaire, deux mois après l'échec de la mise en orbite d'un engin scientifique. Le satellite Nour ("Lumière" en persan) a "orbité autour de la Terre à 425 km, après avoir été lancé depuis le désert de Markazi, en Iran", a précisé Téhéran. La télévision d'Etat a diffusé des images de ce qu'elle a présenté comme étant le satellite monté sur une fusée au moment du lancement.

Après un nouvel incident maritime le 15 avril entre des navires américains et des vedettes des Gardiens de la Révolution, le président américain, Donald Trump a de son côté affirmé avoir donné l'ordre de "détruire" toute embarcation iranienne "harcelant" les navires américains dans le Golfe. Et cette déclaration fait craindre une nouvelle escalade entre les deux ennemis, au moment où les Gardiens se targuent du lancement réussi du satellite. Il s'agit d'un "nouveau développement dans le domaine spatial pour l'Iran islamique", ont salué les Gardiens sur leur site Sepahnews.

"Les ayatollahs pas ralentis par le coronavirus"

Ce lancement, dont le bon déroulé n'a pu être vérifié de manière indépendante, n'est qu'une "façade pour le développement par l'Iran de technologies balistiques avancées", a également dénoncé, dans un communiqué, Israël, disant y voir une violation de la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l'ONU. Cette résolution enjoint Téhéran à "ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des charges nucléaires, y compris les tirs recourant à la technologie des missiles balistiques".

Ex-conseiller national de Donald Trump et partisan de la ligne dure, John Bolton a affirmé sur Twitter y voir "la preuve" d'une pression encore insuffisante exercée sur l'Iran. "Les ayatollahs ne sont pas ralentis par le coronavirus", a-t-il encore commenté.

De son côté, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a également jugé que le lancement était "contraire" à la résolution des Nations unies et démontrait que les Etats-Unis avaient "raison" en dénonçant des programmes des tirs de "missiles" masqués. "L'Iran devra rendre des comptes", a-t-il prévenu. "Il y a des limites et des lignes à ne pas franchir s'ils ne veulent pas en subir les conséquences", a aussi menacé le vice-ministre américain de la Défense David Norquist.

Trump ferait mieux de "sauver" son "peuple"

Donald Trump ferait mieux de "sauver" les Etats-Unis de "la grande crise" du Covid-19, a déclaré mercredi le porte-parole des forces armées iraniennes, en réponse aux dernières menaces du président américain contre Téhéran.

"Si les Américains sont habiles et compétents, ils vont retirer leurs troupes [du Moyen-Orient] pour les sauver de la maladie du coronavirus qui les y menace, avant de mobiliser toutes leurs autres forces aux Etats-Unis afin de sauver leur peuple de la grande crise qui a frappé ce pays", a déclaré le général de brigade Abdolfazl Shékarchi dans une interview à l'agence semi-officielle iranienne Isna.

Affirmant n'avoir aucun projet de se doter de l'arme atomique, Téhéran assure que ses programmes balistique et spatial ne vont pas à l'encontre de ce texte. Cet épisode intervient dans un contexte à nouveau explosif entre les deux pays ennemis.

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