"Je veux qu'on continue à avoir le choix" : aux États-Unis, des centaines de manifestations contre les lois qui restreignent l'IVG

Des manifestants contre les lois qui restreignent l\'IVG, le 21 mai. 
Des manifestants contre les lois qui restreignent l'IVG, le 21 mai.  (ANNA GASSOT / AFP)

Plus de 300 rassemblements ont été organisés après la décision de durcir la loi sur l'interruption volontaire de grossesse en Alabama. 

Aux États-Unis des milliers de personnes se mobilisent pour le droit à l'IVG. Depuis le 15 mai dernier, l'Alabama a promulgué la loi anti-avortement la plus stricte du pays qui interdit la quasi-totalité des interruptions, sauf si la vie de la mère est en danger. Cette nouvelle législation très stricte a déclenché des manifestations mardi 21 mai dans un peu plus de 300 villes américaines. 

"Je suis très énervée de me battre encore pour cela" 

À Washington, les manifestants se sont retrouvés devant la Cour suprême des États-Unis. Ce lieu de rassemblement est très symbolique puisque c'est la plus haute instance juridique du pays, et c'est ici qu'a été rendu en 1973 l'arrêt Roe contre Wade, qui a légalisé l’avortement au niveau fédéral. "J’ai 67 ans dit Janice, j’étais là il y a 50 ans. Donc je suis vraiment très énervée de devoir me battre encore pour cela aujourd’hui". 

Dans la foule, il y a quelques hommes mais essentiellement des femmes de toutes les générations, comme Jasmine. Elle a 18 ans et est furieuse depuis que l’Alabama a voté cette loi qui interdit l’IVG même en cas d’inceste ou de viol : "On sait que les jeunes femmes de mon âge peuvent se faire agresser sexuellement. Si ça devait m’arriver ou à l’une de mes sœurs, je veux qu'on continue à avoir le choix". 

Un futur thème de campagne pour 2020 

Sur les marches de la Cour suprême, les manifestants voient défiler une poignée de candidats à la Maison Blanche qui sont actuellement en course pour l’investiture démocrate. Il paraît assez évident que le droit à l’avortement sera une question centrale pour 2020. "C’est un sujet pour aujourd'hui, pour dans un mois mais aussi l’an prochain, affirme le sénateur et candidat Cory Booker, jusqu’à ce qu’on soit sûr que ce droit constitutionnel sera préservé"

Selon un sondage récent, un peu plus de 70% des Américains pensent qui’l ne faut pas remettre en cause le droit à l’interruption volontaire de grossesse. 

Le reportage devant la Cour suprême, de Gregory Philipps
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