L'Iran affirme avoir "confisqué" un pétrolier britannique dans le détroit d'Ormuz, un autre navire saisi puis relâché

Des navires circulent dans le détroit d\'Ormuz, entre les côtes d\'Oman et de l\'Iran, un des principaux points de passages de pétroliers au monde, le 21 juillet 2018. (Photo d\'illustration)
Des navires circulent dans le détroit d'Ormuz, entre les côtes d'Oman et de l'Iran, un des principaux points de passages de pétroliers au monde, le 21 juillet 2018. (Photo d'illustration) (HAMAD I MOHAMMED / REUTERS)

D'après son propriétaire britannique, le second navire, au pavillon libérien, a été relâché.

La tension risque de monter encore d'un cran dans le détroit d'Ormuz. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé, vendredi 19 juillet, avoir "confisqué" un pétrolier battant pavillon britannique, le Stena Impero. Le ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, Jeremy Hunt, qui s'est dit "préoccupé", a mentionné une seconde saisie, d'un navire portant le pavillon du Liberia. Mais le propriétaire de ce dernier affirme qu'il a été relâché depuis.

L'Iran accuse de "non-respect du code maritime international"

"Les communications ont été rétablies avec le navire. Le commandant a confirmé que les gardes armés l'avaient quitté et que le navire était libre de poursuivre sa route", a expliqué l'entreprise britannique Norbulk Shipping, propriétaire de ce navire libérien. "Tous les membres de l'équipage sont sains et saufs", a-t-elle ajouté.

En revanche, l'entreprise suédoise Stena Bulk, propriétaire du navire à pavillon britannique, a affirmé être "actuellement incapables de contacter le navire qui fait route vers le nord en direction de l'Iran". Le bâtiment "a été attaqué par de petits aéronefs et un hélicoptère non identifiés en transitant par le détroit d'Ormuz dans les eaux internationales", a-t-elle rapporté.

Les Gardiens de la Révolution, qui n'ont annoncé la saisie que de ce navire britannique, l'ont accusé de "non-respect du code maritime international". Leur communiqué affirme que leur force navale a arraisonné le bâtiment et l'a "amené jusqu'à la côte après sa saisie et remis à l'Autorité afin [que puissent commencer] la procédure légale et l'enquête".

Une possible réponse à la saisie d'un navire iranien

Ces deux saisies se sont produits dans le détroit d'Ormuz, entre les côtes d'Oman et de l'Iran. Les incidents se multiplient dans cette zone depuis plusieurs semaines, sur fond de tensions entre Téhéran et Washington.

Ainsi, l'annonce de la saisie du Stena Impero survient quelques heures après que la Cour suprême de Gibraltar a décidé de prolonger pour 30 jours l'immobilisation du pétrolier iranien Grace 1. Ce dernier avait été arraisonné le 4 juillet par les autorités de Gibraltar, qui le soupçonnaient de livrer du brut à la Syrie en violation des sanctions de l'Union européenne contre Damas, ce que Téhéran nie.

Mardi, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei avait déclaré que l'Iran ne laisserait "pas cette malveillance sans réponse." "Nous y répondrons au moment et à l'endroit opportuns", avait-il ajouté sans plus de précision.

Vendredi soir, Jeremy Hunt a annoncé la tenue d'une réunion d'urgence pour déterminer "ce que nous pouvons faire pour sécuriser rapidement la libération des deux navires". Selon lui, les équipages des deux navires "sont composés de plusieurs nationalités, mais de ce que nous avons compris, il n'y a pas de citoyens britanniques à leur bord".

Vendredi soir, les Etats-Unis ont dénoncé la "surenchère de la violence" de l'Iran.

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