"Il n'y a pas de Palestine" : les colons israéliens en Cisjordanie applaudissent le plan de Donald Trump pour le Proche-Orient

Deux anges tentent d\'ouvrir au pied de biche le mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie (photo d\'illustration).
Deux anges tentent d'ouvrir au pied de biche le mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie (photo d'illustration). (MICHAEL BUNEL / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Les 4 500 colons d'Eli, au cœur de la Cisjordanie, estiment que le plan de paix proposé par le président américain est une bonne solution.

Depuis la colline en haut de la colonie d'Eli, on peut voir les neiges du Mont Hermon, situé au nord-est d'Israël, et Tel Aviv au bord de la mer, au sud-ouest. Pour le maire, Ariel El Malieh, dont les parents sont originaires du Maroc, on est en Israël et nulle part ailleurs.

Quand on est venus en Israël pour construire notre pays, on avait un rêve : aucun endroit ne pouvait pas nous appartenir car nos arrière-arrière-grands-pères étaient ici en Israël il y a 3 000 ans. Ariel El Malieh, maire d'Elià franceinfo

 

À la remarque que les Palestiniens se revendiquent aussi de centaines d'années de présence, l'élu local rétorque : "On sait qui était ici avant notre arrivée en Israël. Il n'y a pas de Palestine."  

Franck vit à Eli depuis 18 ans. Il travaille à la boucherie du centre-ville et a suivi la présentation du plan Trump mardi 28 janvier. Un plan qui permet à Israël d'annexer ses colonies en Cisjordanie et reconnaît Jérusalem comme capitale indivisible de l'État hébreu. En échange, les Palestiniens pourraient avoir leur propre État mais sous conditions. "On attend ça depuis très longtemps, se réjouit Franck. Maintenant, on sait très bien que de l'autre côté, on leur propose quelque chose et apparemment ça ne leur suffit pas. On n'est pas à 100% d'accord de vivre avec eux mais on peut être d'accord avec eux s'ils n'ont pas besoin à chaque fois de déclarer la guerre ou de faire des mauvaises choses." 

Plus de 700 000 colons vivent dans les territoires occupés, 4 500 à Eli, entre les villes palestiniennes de Ramallah et Naplouse. Au quotidien, Franck dit qu'il ne croise jamais de Palestiniens. "On peut les voir mais on ne les côtoie pas", dit-il.  

Non à la création d'un État palestinien

Ici, l'annexion par Israël allait de soi, estime Laly Derai, conseillère régionale pour le Likoud, le parti de Nétanyahou. C'est une question de politique et de religion, selon elle.

Si on prend la Bible, on peut s'en servir comme GPS. Toutes ces collines qu'on voit, ce sont des endroits qui sont cités dans la Bible. Laly Derai, conseillère régionale pour le Likoudà franceinfo

"Même si je suis très rationnelle, ce discours de Donald Trump a fait écho avec les choix que j'ai faits, ajoute Laly Derai. Il y a une phrase d'Abba Eban, l'ancien Premier ministre de l'État d'Israël, qui disait : 'les Palestiniens n'ont jamais manqué une occasion de rater une occasion'. Je pense que leurs aspirations devront être réduites non pas à un État, peut-être à une autonomie."  

Les habitants d'Eli approuvent donc le plan Trump sauf quand il prévoit un État palestinien, même amoindri. Ron, étudiant en électricité, a même une proposition plus radicale : "Je pense qu'il y a beaucoup de pays arabes comme la Syrie qui les accepteraient." 
Benyamin Netanyahou espère annexer les colonies de Cisjordanie avant les élections législatives prévues dans moins de cinq semaines.

Le reportage dans la colonie israélienne d'Eli de Frédéric Métézeau.
--'--
--'--

Vous êtes à nouveau en ligne