Etats-Unis : Trump menace d'user de la "force" face aux manifestants, Twitter masque son message

Une personne devant un ordinateur affichant un tweet de Donald Trump, mardi 23 juin 2020. 
Une personne devant un ordinateur affichant un tweet de Donald Trump, mardi 23 juin 2020.  (AFP)

"Notre règlement stipule que nous n'autorisons pas les gens à souhaiter ou espérer nuire à une personne ou à un groupe de personnes", a fait savoir Twitter. 

Fin mai, Twitter avait déjà mis en garde le président américain. Mardi 23 juin, le réseau social préféré de Donald Trump a décidé de masquer un de ses messages dans lequel le chef d'Etat menaçait d'user d'une "force conséquente" si des manifestants tentaient d'établir une "zone autonome" à Washington. 

"Tant que je serai votre président, il n'y aura pas de 'zone autonome' à Washington DC. S'ils essaient, ils feront face à une force conséquente", avait tweeté au petit matin le milliardaire républicain, réagissant à la tentative, la veille, de quelques manifestants d'ériger un campement aux abords de la présidence sur le modèle de la zone "sans police" créée à Seattle il y a deux semaines. Des militants avaient notamment tagué "BHAZ" pour "Black House Autonomous Zone" (zone autonome de la Maison Noire) sur l'église St. John's Episcopal Church. Mais la police avait rapidement dispersé le petit groupe.

De nombreux agents en tenue anti-émeute étaient restés déployés toute la journée dans les rues de la capitale des Etats-Unis et avaient fait évacuer les alentours de la Maison Blanche, où des manifestants se relaient depuis des semaines.

Une infraction aux règles du réseau social 

Twitter a donc décidé de barrer ce message d'une mention signalant un contenu qui "enfreint" ses règles sur "les contenus inappropriés", tout en laissant la possibilité de le lire. "Notre règlement stipule que nous n'autorisons pas les gens à souhaiter ou espérer nuire à une personne ou à un groupe de personnes", a expliqué à l'AFP le réseau social qui a déjà épinglé à deux reprises des messages de Donald Trump.

Depuis le début des manifestations contre les violences policières et le racisme, le président, en campagne pour sa réélection, insiste sur les violences commises en marge des rassemblements et martèle un discours de fermeté, affichant son goût pour "la loi et l'ordre".

Après que des manifestants ont tenté de mettre à terre une statue située devant la Maison Blanche de l'ancien président Andrew Jackson, qui soutenait l'esclavage, le président avait indiqué envisager "de longues peines de prison pour ces vandales, ces voyous, ces anarchistes et ces agitateurs. Ce sont des gens mauvais qui n'aiment pas le pays", avait-il encore assené à l'occasion d'un meeting. 

La mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par un policier blanc à Minneapolis le 28 mai, a encouragé une relecture critique du passé des Etats-Unis et plusieurs statues, notamment de généraux confédérés, ont été déboulonnées en marge des manifestations.

chp/leo

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