Etats-Unis : quatre questions sur Edward Gallagher, le soldat d'élite accusé de crimes de guerre mais protégé par Donald Trump

Le soldat Edward Gallagher, le 2 juillet 2019 à San Diego (Etats-Unis).
Le soldat Edward Gallagher, le 2 juillet 2019 à San Diego (Etats-Unis). (SANDY HUFFAKER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Le soldat est décrit, dans de nouveaux témoignages, comme un homme "toxique" capable de "tuer tout ce qui bougeait".

Un soldat d'élite, un président américain et des crimes de guerre. C'est le cocktail détonnant de l'histoire d'Edward Gallagher, un soldat des Navy Seals, les troupes d'élite de la marine des Etats-Unis, accusé d'avoir tué des civils en Irak mais défendu bec et ongles depuis plusieurs mois par Donald Trump. Le New York Times a mis en ligne, vendredi 27 décembre, de nouveaux témoignages accablants de ses anciens camarades de l'armée. "Ça se voyait que cela ne le dérangeait pas du tout de tuer toute personne qui bougeait", déclare l'un d'eux.

Franceinfo revient sur cette affaire qui empoisonne les relations entre la Maison Blanche et l'armée américaine.

Qui est Edward Gallagher ?

Agé de 40 ans, Edward Gallagher était chef de peloton au sein des Navy Seals, le plus prestigieux des commandos de l'armée américaine. Décoré à plusieurs reprises depuis son engagement en 1999, ce fils d'officier était décrit comme un "très bon médecin" et "un excellent sniper" par le New York Times en 2018. Lors de son 8e déploiement, en Irak, de février à septembre 2017, il est nommé meilleur chef de peloton de son unité, la Seal Team 7, et nominé pour la Silver Star, une prestigieuse distinction. Mais, accusé par des subordonnés de crimes de guerre, il est finalement arrêté en septembre 2018. 

Que lui est-il reproché ?

Sur la base des témoignages de ses soldats, Edward Gallagher est accusé d'avoir tué des civils au hasard. "Le mec est complètement taré", dit l'un des plus expérimentés d'entre eux, Craig Miller, dans l'une des vidéos obtenues par le New York Times. "Ça se voyait que cela ne le dérangeait pas du tout de tuer toute personne qui bougeait", déclare un autre, Corey Scott. "Le mec était toxique", renchérit un troisième, Joshua Vriens.

Trois témoins ont également raconté ce que leur chef avait infligé à un combattant de l'Etat islamique (EI), blessé après un bombardement en 2017. Alors qu'un médecin de son unité était en train de prodiguer des soins au blessé, Edward Gallagher se serait approché pour l'achever à coups de couteau dans le cou et dans les flancs. Il a ensuite posé, entouré de ses hommes, avec la dépouille du combattant, qu'il tenait par les cheveux. L'intéressé s'est défendu en parlant de "mensonges flagrants".

Qu'a décidé la justice militaire ?

Edward Gallagher a été jugé à l'été 2019. Il a été déclaré le 2 juillet non coupable du meurtre du prisonnier de l'EI en Irak en 2017 et acquitté de deux tentatives de meurtre sur des civils irakiens. Il a toutefois été déclaré coupable d'avoir posé à côté du corps du jeune homme tué en compagnie d'autres soldats. Le sous-officier a, en conséquence, été dégradé d'un rang, une sanction qui réduit sa solde et sa retraite. Mais Donald Trump a annulé le 15 novembre cette décision de la marine américaine. 

Quelle est sa relation avec Donald Trump ?

Le président américain a continué de défendre le soldat après que la Navy a annoncé poursuivre malgré tout une procédure interne d'exclusion. Alors que cette procédure était en cours, Donald Trump a twitté pour protester contre cette exclusion et demander que l'on laisse le soldat partir tranquillement à la retraite. La procédure a été annulée et Edward Gallagher a quitté l'armée, avec tous les honneurs, fin novembre.

L'affaire a coûté son poste au chef de la Navy, Richard Spencer. En désaccord avec la volonté de Donald Trump, il a été poussé à la démission le 25 novembre.

Edward Gallagher et sa femme ont, eux, été reçus le week-end du 21 décembre dans la résidence de Donald Trump de Mar-a-Lago, en Floride, où le président passe les vacances de fin d'année. "J'ai finalement pu remercier le président et sa femme extraordinaire en leur donnant un petit cadeau du déploiement d'Eddie à Mossoul", a posté sur Instagram sa femme. Selon le New York Times, le morceau de tissu que tient Donald Trump sur la photo est un drapeau de l'Etat islamique.

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Finally got to thank the President and his amazing wife by giving them a little gift from Eddie’s deployment to Mosul. #TRUMP2020 @realdonaldtrump @flotus

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