Etats-Unis : des milliers d'enfants migrants séparés de leurs parents n'ont jamais été recensés

Des manifestants contre la séparation des enfants migrants de leurs parents devant un centre de détention de San Diego, en Californie (Etats-Unis), le 23 juin 2018.
Des manifestants contre la séparation des enfants migrants de leurs parents devant un centre de détention de San Diego, en Californie (Etats-Unis), le 23 juin 2018. (ROBYN BECK / AFP)

Faute de base de données centralisée, le nombre d'enfants concernés par cette politique reste inconnu.

La séparation des enfants migrants de leurs parents a commencé aux Etats-Unis dès 2017, bien avant de faire scandale. Et elle a concerné des milliers de mineurs de plus qu'estimé jusqu'ici. Mais faute de base de données centralisée, le nombre d'enfants concernés au total par cette politique reste toutefois inconnu. C'est en tout cas ce que conclut un rapport des services de l'inspecteur général du ministère de la Santé des Etats-Unis, publié jeudi 17 janvier.

Le gouvernement du président Donald Trump avait décrété au printemps une politique de "tolérance zéro" envers l'immigration illégale, qui avait conduit à la séparation de nombreuses familles. Les drames vécus par ces familles ont suscité un tollé jusque dans les rangs républicains. En juin, le président avait pris la décision d'y mettre un terme, et le 28 juin, un juge avait ordonné de réunir les familles divisées. Les autorités ont ensuite identifié un peu plus de 2 700 enfants à réunir avec leurs parents. La grande majorité d'entre eux les ont bien retrouvés.

Un décompte plus précis depuis l'été 2018

Mais, selon les auteurs du rapport, les séparations des familles avaient commencé à augmenter dès l'été 2017. "Des milliers d'enfants séparés" étaient passés par les structures dédiées aux mineurs étrangers isolés avant la décision de justice, selon ce rapport. Comme ils n'étaient plus en rétention à la date du 28 juin, ils n'ont jamais été comptabilisés. Quant à ceux qui se trouvaient toujours dans les centres d'accueil à cette date, les autorités ont eu du mal à les recenser.

Faute de système centralisé, il leur a fallu se pencher dans 60 bases de données différentes et une première liste contenait 3 600 noms, selon ce rapport. Près d'un millier ont été rayés pour arriver à la liste officielle, notamment parce qu'il s'agissait d'enfants récemment sortis des centres d'accueil, ou parce qu'ils avaient été séparés d'autres membres de leur famille (frère, sœur, oncle...) mais pas de leurs parents. Depuis l'été 2018, l'administration Trump tient mieux ses comptes : 118 enfants, âgés de 1 à 17 ans, ont encore été séparés de leurs parents à la frontière entre juillet et novembre, notamment parce que ces derniers ont été visés par des poursuites criminelles.

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