Etats-Unis : des femmes musulmanes répondent à Donald Trump (et lui prouvent qu'elles ont bien le droit de s'exprimer)

Les Khan, parents d\'un soldat tué en Irak, lors de la convention démocrate, à Philadelphie, le 28 juillet 2016.
Les Khan, parents d'un soldat tué en Irak, lors de la convention démocrate, à Philadelphie, le 28 juillet 2016. (ROBYN BECK / AFP)

Après la polémique entre Donald Trump et le couple Khan, parents d'un soldat américain musulman tué en Irak, de nombreuses Américaines de confession musulmane s'insurgent des propos du candidat républicain à la Maison Blanche.

"Les femmes musulmanes ne sont pas autorisées à parler ? Personne ne l'a dit aux femmes de ma famille", réagit une jeune Américaine sur Twitter. Avec le hashtag #CanYouHearUsNow ("Tu nous entends maintenant ?"), ce sont des centaines de femmes de confession musulmane qui s'indignent sur le réseau social Twitter. En ligne de mire ? Le candidat républicain Donald Trump et ses propos anti-musulmans. "Est-ce que j'ai l'air opprimée ?" demande ainsi ironiquement une femme à ce dernier.  

Tout a commencé le 28 juillet, lors de la convention démocrate, à Philadelphie (Pennsylvanie). Khizr Khan, un avocat qui a émigré avec son épouse depuis le Pakistan et dont le fils Humayun, capitaine dans l'US Army, est mort au combat en 2004 en Irak, dénonce les propos anti-musulmans de Donald Trump.

"Elle n'a probablement pas le droit de dire quoi que ce soit"

Le leader républicain réplique dans une interview sur la chaîne ABC News (en anglais) et s'en prend directement à la mère du soldat, Gazala Khan, restée silencieuse à côté de son mari. Il suggère ainsi que cette dernière n'était pas autorisée à parler à cause de sa religion.

Si vous regardez sa femme, elle se tenait debout là-bas, elle n'avait rien à dire. Elle n'avait probablement pas le droit de dire quoi que ce soit.Donald Trumpsur ABC News

Dans le Washington Post, Gazala Khan s'explique. "Donald Trump m'a demandé pourquoi je n'avais pas parlé pendant la convention démocrate. (...) Voici ma réponse à Donald Trump. Parce que sans dire un mot, tout le monde, toute l'Amérique a ressenti ma douleur", écrit la mère de famille. Après ces propos, le hashtag #CanYouHearUsNow est lancé. Des centaines de femmes répondent ainsi au candidat à la Maison Blanche, et lui expliquent qu'elles sont tout à fait en droit de s'exprimer.

"Musulmane, éduquée, carriériste, femme, mère et oui, je dis ce que je pense, espèce d'insupportable vantard."

"Je suis une femme blanche, éduquée, américaine et musulmane, et tout à fait consternée de ne pas me sentir la bienvenue à cause de Trump dans mon propre pays !"

"Je suis une fille musulmane vivant en Amérique, qui est toujours ouverte et discute de ses points de vue sur n’importe quel problème dans ce pays."

"Je suis une femme musulmane et je travaille dans les ressources humaines, et je parle chaque heure de chaque jour."

"Parfois, les femmes musulmanes ont envie de parler en public. Parfois non. Les deux sont d’excellents choix."

"J’ai parlé au Pentagone, au département d’Etat, au 10 Downing Street, au Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord. Et Trump, il parle d'où ?"

"Fatiguée de l’obsession sur les femmes musulmanes et de ceux qui pensent savoir qui nous sommes et ce dont nous sommes capables. Nous nous définissons. Nous racontons nos propres histoires."

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