Décision de Trump sur Jérusalem : Erdogan compte prendre la tête de la contestation musulmane

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lors d\'une conférence de presse avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, le 7 décembre 2017 à Athènes (Grèce). 
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, le 7 décembre 2017 à Athènes (Grèce).  (MEHMET ALI OZCAN / ANADOLU AGENCY / AFP)

Le président turc a invité les dirigeants de pays musulmans à un sommet de l'Organisation de coopération islamique (OCI) à Istanbul (Turquie), afin de "coordonner" l'action des pays musulmans après la décision de Donald Trump. 

Il entend porter la cause palestinienne. Profitant de la relative atonie des dirigeants arabes, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, tente de s'imposer comme la figure de la contestation musulmane, après l'annonce de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, mercredi 6 décembre. 

Afin de "coordonner" l'action des pays musulmans après cette décision, Recep Tayyip Erdogan a invité leurs dirigeants à un sommet de l'Organisation de coopération islamique (OCI) à Istanbul (Turquie), la semaine prochaine.

L'indignation suscitée dans le monde musulman par la mesure américaine a donné l'occasion à ce dernier de revêtir un habit qu'il affectionne : celui de défenseur en chef des Palestiniens. Depuis mercredi, le président turc multiplie les critiques contre le dirigeant américain. "Ô Trump, que fais-tu ? Quelle est cette approche ? Les responsables politiques doivent oeuvrer pour la réconciliation et non pas pour le chaos !", a-t-il ainsi lancé jeudi. 

"Diplomatie du téléphone" 

Recep Tayyip Erdoganqui se présente souvent comme un intermédiaire clé dans la région, a multiplié les entretiens téléphoniques consacrés à Jérusalem cette semaine. Il s'est ainsi entretenu avec les principaux dirigeants du Proche-Orient, mais aussi avec le pape François et le président russe, Vladimir Poutine. Cette "diplomatie du téléphone" intervient avant le sommet de l'OCI, une organisation créée en 1969 et comptant 57 membres, qui doit réunir un aéropage de dirigeants de pays musulmans à Istanbul mercredi. 

Jérusalem est "une ligne rouge pour les musulmans", avait mis en garde le président turc avant l'annonce officielle de Donald Trump. Il estimait alors que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël pourrait provoquer la "rupture des relations" entre Ankara et l'Etat hébreu. Après plusieurs années de crise, la Turquie et Israël ont normalisé l'an dernier leurs relations diplomatiques. Mais Recep Tayyip Erdogan continue de critiquer régulièrement les autorités israéliennes pour leur politique dans les territoires palestiniens.

La décision américaine a suscité de nombreuses réactions en Turquie. A l'appel d'une ONG proche du pouvoir, plusieurs milliers de personnes ont manifesté vendredi à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et scandant des slogans hostiles aux Etats-Unis et à Israël.

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