Critiqué dans des câbles diplomatiques, Donald Trump s'en prend à Theresa May et à l'ambassadeur britannique

Donald Trump et Theresa May lors d\'une conférence de presse à Londres (Royaume-Uni), le 4 juin 2019. 
Donald Trump et Theresa May lors d'une conférence de presse à Londres (Royaume-Uni), le 4 juin 2019.  (MANDEL NGAN / AFP)

Une série de câbles secrets qualifiant le président américain d'"instable" et d'"incompétent" ont été publiés dans un tabloïd britannique.

Le torchon brûle entre Donald Trump et Theresa May. Le président américain a traité l'ambassadeur britannique à Washington de "type stupide", mardi 9 juillet. La veille, il s'en est pris violemment à la Première ministre britannique sortante, après que des câbles diplomatiques ont fuité dans la presse outre-Manche. Ces documents le qualifient notamment d'"instable" et d'"incompétent". En réponse, le locataire de la Maison Blanche s'est réjoui sur Twitter du prochain départ de la dirigeante britannique. 

"Je suis très critique de la façon dont le Royaume-Uni et la Première ministre Theresa May ont géré le Brexit", a-t-il tweeté, la désignant comme responsable de la "pagaille" actuelle. "Je lui ai dit comment il fallait procéder mais elle a décidé de faire différemment", a-t-il ajouté. 

Franceinfo vous résume les origines de cet incident diplomatique.

Que disent ces documents ? 

Dimanche 7 juillet, une série de câbles secrets ont été publiés par The Mail on Sunday. L'administration Trump y est qualifiée de "dysfonctionnelle" et d'"inepte diplomatiquement". Le milliardaire républicain, lui, est décrit comme "instable" et "incompétent"

Ces documents, dont certains remontent à 2017, n'étaient pas destinés à être révélés au public. Ils ont été rédigés par l'ambassadeur britannique à Washington, Kim Darroch. Il est arrivé dans la capitale américaine en janvier 2016, avant la victoire de Donald Trump à la présidentielle. A 65 ans, il est l'un des diplomates britanniques les plus expérimentés. 

Quelles ont été les réactions ?

Le gouvernement britannique a annoncé dimanche l'ouverture d'une enquête. Objectif : trouver l'origine de ces fuites, mais aussi comprendre leur motivation, à deux semaines de la désignation d'un nouveau Premier ministre au Royaume-Uni.

"Nous devons découvrir comment cela a pu se produire, au moins pour redonner confiance à nos équipes à travers le monde afin qu'elles continuent à nous donner des évaluations sincères", a déclaré lundi le chef de la diplomatie britannique, Jeremy Hunt. Pour le populiste Nigel Farage, à la tête du Parti du Brexit"le plus tôt" Kim Darroch sera parti, "le mieux ce sera".

Interrogé sur ces fuites, Donald Trump a d'abord déclaré dimanche que Kim Darroch "n'avait pas bien servi le Royaume-Uni". "On n'est pas des grands fans de cet homme", a-t-il aussi dit à des journalistes.

Par la suite, dimanche, Theresa May a condamné des fuites "totalement inacceptables" mais souligné, via son porte-parole, avoir "une totale confiance" en Kim Darroch, sans partager toutefois l'image de l'administration américaine dépeinte dans les câbles diplomatiques.

Pourquoi les tensions se sont-elles accentuées ? 

Lundi, furieux du soutien apporté par Theresa May à Kim Darroch, Donald Trump s'est montré plus virulent en la désignant responsable de la "pagaille" actuelle. Visiblement désireux de bien marquer son mécontentement vis-à-vis de la Première ministre sortante, il a dit sur Twitter combien il avait apprécié sa "merveilleuse visite d'Etat" au Royaume-Uni en juin, en prenant soin de préciser qu'il avait "surtout été impressionné" par la reine.

Donald Trump a également affirmé qu'il ne s'adresserait plus à Kim Darroch. "Je ne connais pas l'ambassadeur, mais il n'est ni aimé ni bien vu aux Etats-Unis. Nous n'aurons plus de contacts avec lui", a-t-il tweeté. 

Mardi, Donald Trump a insulté, l'ambassadeur britannique à Washington. "Le farfelu ambassadeur que le Royaume-Uni a refilé aux Etats-Unis n'est pas une personne qui nous emballe, un type très stupide", a écrit le président américain sur Twitter. Et d'ajouter : "Dites-lui que les Etats-Unis ont désormais la meilleure économie et la meilleure armée au monde, de loin, et qu'elles sont toutes deux en train de devenir plus grandes, meilleures et plus fortes... Merci monsieur le président !"

Les yeux des deux candidats en lice pour le poste de Premier ministre britannique, Boris Johnson et Jeremy Hunt, sont rivés sur les Etats-Unis. Le mois dernier, lors de sa visite d'Etat dans le pays, le président américain avait fait miroiter un accord commercial "extraordinaire" avec Londres après le Brexit. Le ministre du Commerce international britannique, Liam Fox, en déplacement cette semaine aux Etats-Unis, a estimé que ces fuites n'empêchaient pas de "préparer le terrain" pour un futur accord.

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