Après le décret anti-immigration de Trump, la France veut doubler le nombre de visas pour les Iraniens

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, donne une conférence de presse à Riyad (Arabie saoudite), le 24 janvier 2017.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, donne une conférence de presse à Riyad (Arabie saoudite), le 24 janvier 2017. (FAYEZ NURELDINE / AFP)

Le président américain a interdit l'entrée aux Etats-Unis pendant trois mois aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans, dont l'Iran.

La réponse française aux mesures controversées de Donald Trump en matière d'immigration. La France veut doubler le nombre de visas pour les Iraniens en 2017, a annoncé le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault, lundi 30 janvier. 

Cette annonce intervient dans un contexte tendu après le décret du président américain Donald Trump qui interdit l'entrée aux Etats-Unis pendant trois mois aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans, dont l'Iran. Cette décision a provoqué une forte émotion en Iran, où une importante communauté a des attaches familiales aux Etats-Unis. Téhéran a décidé d'appliquer la "réciprocité" de cette mesure aux Américains voulant voyager en Iran.

Des inquiétudes sur l'accord nucléaire iranien

"La France souhaite pouvoir permettre au plus grand nombre d'Iraniens désireux de voyager en France de demander un visa dans les meilleures conditions", a déclaré Jean-Marc  Ayrault, à Téhéran pour sa première visite en Iran. "Ce projet, qui vise à doubler le nombre de visas actuellement délivrés en Iran, devrait se concrétiser à l'été 2017", a-t-il précisé. A l'heure actuelle, 41 000 visas sont délivrés chaque année à des Iraniens.

Dans son discours devant la communauté française, Jean-Marc Ayrault a également souligné son "attachement" à l'accord historique sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en juillet 2015 entre l'Iran et les grandes puissances. "Il est important que cet accord soit mis en oeuvre, surtout dans ce contexte incertain. La France respecte ses engagements", a répété le ministre.

Conclu de haute lutte en juillet 2015 à Vienne, après des années de négociations entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine, la Russie, l'Allemagne et l'Iran, l'accord garantit la nature pacifique du programme nucléaire iranien, en échange de la levée des sanctions internationales contre l'Iran.

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