VIDEOS. A Paris, la place de la République plongée dans un silence de 8 min 46 en hommage à George Floyd

La foule rassemblée Place de la République mardi 9 juin à Paris en hommage à la mort de George Floyd et contre les violences policières.
La foule rassemblée Place de la République mardi 9 juin à Paris en hommage à la mort de George Floyd et contre les violences policières. (FRANCOIS MORI /AP / SIPA)

Des rassemblements de quelques centaines de personnes se sont également déroulés dans le calme à Mulhouse, Colmar, Metz, Bordeaux ou Grenoble.

Huit minutes et quarante-six secondes de silence place de la République à Paris.  Quelques milliers de personnes, dont des leaders politiques de gauche, se sont rassemblées mardi soir à Paris pour saluer la mémoire de Georges Floyd dont les funérailles étaient organisées au même moment à Houston (Texas). Cet hommage à cet Afro-américain de 46 ans, tué le 25 mai à Minneapolis par Derek Chauvin, un policier blanc, a rassemblé 2 400 personnes sur la place de la République, selon la préfecture de police.

La foule réunie à l'appel de SOS Racisme a observé, genou à terre, huit minutes et 46 secondes de silence, la durée pendant laquelle Derek Chauvin, inculpé de meurtre, a maintenu son genou sur le cou de George Floyd, plaqué au sol et se plaignant de ne plus pouvoir respirer.

La chanteuse et actrice Camélia Jordana, qui a suscité la polémique en mai pour avoir dénoncé les violences policières dans les quartiers populaires est venue chanter "We shall overcome", hymne du mouvement de lutte pour les droits civiques. Cette manifestation, contrairement aux précédentes, n'avait pas été interdite par la préfecture de police.

Le sort de George Floyd a suscité un vaste mouvement de colère et de protestation contre le comportement de la police, et a débordé hors des frontières des Etats-Unis, de Londres à Sydney en passant par Rome et Madrid, où les manifestants ont bravé les interdits liés à la crise sanitaire pour protester contre le racisme et les brutalités policières. En France, sa mort rappelle également celle de Cédric Chouviat, asphyxié lors de son interpellation.

Des rassemblements de quelques centaines de personnes se sont également déroulés dans le calme à Mulhouse, Colmar, Metz, Bordeaux et Grenoble, ou encore à Dijon, où quelques incidents ont eu lieu. Samedi, ces rassemblements avaient réuni quelque 23 000 personnes en France, selon des chiffres du ministère de l'Intérieur.

Interrogé ce mardi matin sur BFM, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a prévenu que si les rassemblements demeuraient interdits, il avait accepté qu'ils se tiennent. "Je crois que l'émotion mondiale, qui est une émotion saine sur ce sujet, dépasse au fond les règles juridiques qui s'appliquent", a-t-il dit.  

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