George Floyd : quel rôle de l'icône dans la philosophie ?

Géraldine Mosna-Savoye, journaliste-philosophe à France Culture, est invitée du 23h de franceinfo. Elle vient apporter le regard philosophe sur le cas George Floyd, devenu l'emblème des violences policières.

George Floyd est devenu presque une icône des violences policières à travers le monde. Quel est le regard des philosophes sur ces figures emblématiques ? "Le terme d'icône apparaît très peu chez les philosophes. Il faut revenir à l'étymologie grecque 'εικόνα' ou 'eikona' qui signifie image pour voir la portée philosophique de l'icône. Les icônes ne sont pas bien vues par les penseurs. Quand on parle du règne des images, on accuse les images de ne pas montrer la réalité mais au contraire de faire écran au réel. C'est toute la question : comment faire de George Floyd une icône sans risquer d'en faire seulement une image irréelle ?", met-elle en avant.

Dissocier icône d'idole

Pourtant, dans le langage courant, on pense à toutes les figures comme Rosa Parks, John Lennon, ou Che Guevara qui ont rassemblé autour d'une cause. "Oui une icône c'est une personne, un visage, mais elle dépasse largement cette personne et son visage pour représenter toute une cause. C'est ce qu'a montré un philosophe américain, Charles Sanders Peirce, qui disait qu'une icône était un signe qui ressemble à ce qu'il dénote. C'est une théorie de logique et sémiologie compliquée. Une icône ne cache pas une réalité mais au contraire elle peut la montrer, la révéler", détaille Géraldine Mosna-Savoye. "L'icône, et c'est la différence avec l'idole, n'est pas une image trompeuse, elle détient une vérité, elle la rend visible. Il ne faut pas transformer l'icône en idole".

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