Les Présidentielles américaines : pas de villégiature pour les perdants

Le vice-président Al Gore avec le président nouvellement élu George W.Bush, à Washington, le 19 décembre 2000.
Le vice-président Al Gore avec le président nouvellement élu George W.Bush, à Washington, le 19 décembre 2000. (AFP/DOUG MILLS)

Les candidats battus lors de l'élection présidentielle américaine ont souvent retrouvé leurs mandats d'origine ou rejoint des cabinets d'avocat. L'université a aussi été un de leurs champs d'activité préférée. L'un d'entre eux, Al Gore, s'est particulièrement illustré dans le domaine de l'environnement, recevant le prix Nobel de la paix 2007 pour son action dans ce domaine.

Après sa défaite contre Nixon en 1973, le démocrate McGovern –décédé le 21 octobre 2012–, figure de la gauche du parti démocrate, opposé à la guerre du Vietnam, voulait se représenter à la présidentielle de 1974. Mais sa popularité était déjà retombée.

Après avoir été sénateur du Dakota du Sud jusqu’en 1981, il est devenu professeur honoraire dans plusieurs universités, a donné des conférences, écrit des livres, puis tenu une libraire, sans faire fortune... Il avait expliqué « ne pas être intéressé par le lobbying ».

En 1994, sa fille Terry, ancienne alcoolique mère de deux enfants, est retrouvée morte dans sa voiture, en pleine nature. L’ancien parlementaire, qui s’est toujours battu contre la faim dans le monde, a alors créé un centre contre la dépendance, financé par les bénéfices d’un ouvrage sur l’histoire tragique de Terry.

En 1997, il reprend du service pour l’administration américaine: il est nommé par Bill Clinton ambassadeur à la FAO. Il n'en garde pas moins un pied dans la politique notamment pour dénoncer les responsables politiques qui ont déclenché la guerre en Irak. Il écrit un dernier livre, paru en 2011: «Qu’est-ce qu’être un démocrate?». Il y lance un appel au rassemblement des démocrates contre l’«extrémisme» montant des rangs républicains.  

Mondale, féministe avant l'heure
Vice-président du démocrate Jimmy Carter, remarqué pour avoir pris une part importante dans les décisions politiques de la Maison Blanche, Walter Mondale mord la poussière en 1984, face à Ronald Reagan, en ne remportant qu’un seul Etat, le Minnesota. Avocat de formation, il reprend alors son premier métier tout en étant président du National Democratic Institute for International Affairs, un think thank démocrate cherchant à promouvoir la démocratie dans le monde.

Spécialiste des questions publiques, Walter Mondale, a été le premier à proposer une femme pour la vice-présidence. Il a également dirigé des sociétés à but non lucratif comme la Fondation Guthrie pour le théâtre et appartenu à des conseils d’administration d'entreprises comme Northwest Airlines. Bill Clinton le nomme ensuite ambassadeur au Japon (1993-1997). En 1998, il est le représentant personnel de la Maison Blanche en Indonésie pour stopper la crise financière de ce pays.

Il termine sa carrière publique en tentant de reprendre sans succès le siège de sénateur du Minnesota aux Républicains en 2002.   

Dukakis, chantre des politiques publiques
Michael Dukakis est le prototype du serviteur de l’Etat impliqué dans les affaires publiques. Battu par Bush père en 1988, il reprend une activité d’enseignant  en science politique dans plusieurs universités dont Northeastern University et UCLA’s Luskin School Public Affairs en Californie. Une de ses missions préférées est d’encourager les jeunes étudiants à entreprendre des carrières dans le service publique; il a crée des bourses pour atteindre cet objectif.

Gouverneur du Massachussetts de 1983 à 1991(après une interruption de 4 années), il signe ainsi la plus longue carrière de ce type dans cet état.

Il continue à suivre avec beaucoup d’attention la politique américaine. Lors de la dernière course pour la présidentielle, interrogé par un journaliste au sujet de Paul Ryan, le candidat républicain pour la vice-présidence en 2012, il demande: «Je ne sais pas comment on peut être étudiant en histoire et conclure que l’austérité peut mettre fin à la récession».

Dole, un républicain sans esprit d'exclusive
Le républicain Bob Dole, battu par Clinton en 1988, n’échappe pas à une règle fréquente: il retourne dans un cabinet d’avocat, à Washington, et donne des conférences. Il n’hésite pas non plus à faire de la publicité à la télévision aussi bien pour Viagra que pour Visa, ou Pepsi-Cola. Mais il endosse également l’habit de commentateur politique lors d’émissions télévisées, et participe à des sit-coms ou programmes satiriques.

Gravement blessé durant la Seconde guerre mondiale, Bob Dole est président du Mémorial national de ce conflit, de 1997 à 2004. Lorsque le démocrate Mc Govern est gravement malade, il salue «le vrai gentleman qui a été l’un plus grand serviteurs du service public qu’il ait connu». Une appréciation mutuelle a permis aux deux hommes de développer un programme international de nutrition pour les enfants dans les écoles.

Al Gore en chat video avec des étudiants

The dailycal, le 2 avril 2012

Al Gore, le visionnaire
Dans le cercle fermé des candidats ayant échoué à l’élection présidentielle, Al Gore occupe une place à part. En premier lieu, en raison des conditions de l’élection de George W. Bush en 2000, acquise alors que les votes en Floride n’ont pas été tous recomptés, selon une décision de la Cour suprême. Mais surtout en raison de son engagement en faveur de l’écologie, qui en fait un pionnier de la lutte pour un développement économique durable.

Féru de nouvelles technologies, il a fondé une chaîne de télévision pour les jeunes et les internautes, tout en conseillant les firmes Apple et Google. Ses livres comme «Sauver la planète Terre : l’écologie et l’esprit humain» et ses films documentaires (Une vérité qui dérange) sur les effets néfastes du réchauffement climatique lui ont notamment valu le prix Nobel de la paix en 2007.

Il multiplie les initiatives pour faire avancer ses idées en impliquant le monde des affaires. Il a ainsi créée, en 2004, un fonds d’investissement, Generation Investment (LPP), qui intervient à long terme dans l’économie, fort de plusieurs milliards de dollars.

Kerry, l'ambitieux
Echouant face à George W.Bush en 2004, le sénateur John Kerry, a gardé une place importante au sein du parti démocrate. Il avait souhaité, dans un premier temps, tenter sa chance en 2008 avant de soutenir John Edwards puis, le nouveau venu, Barack Obama. En 2009, il devient président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat. 

Depuis quelque temps, John Kerry se dit intéressé par le poste de secrétaire d’Etat, détenu par Hillary Clinton, qui a décidé d'abandonner son poste. Son rôle de sparing-partner pour préparer Obama face à Romney dans les débats télévisés n’a pas forcément enthousiasmé le camp démocrate. Mais Kerry est un poids lourd du parti...

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