Les élections américaines vues... d’Afrique

Le président américain Barack Obama reçoit le 8 mars 2012 à la Maison Blanche son homologue ghanéen, John Evans Atta Mills. Le président ghanéen est mort le 24 juillet 2012. Des élections sont prévues en décembre 2012 dans cet Etat d\'Afrique occidentale.
Le président américain Barack Obama reçoit le 8 mars 2012 à la Maison Blanche son homologue ghanéen, John Evans Atta Mills. Le président ghanéen est mort le 24 juillet 2012. Des élections sont prévues en décembre 2012 dans cet Etat d'Afrique occidentale. (AFP PHOTO / SAUL LOEB)

«Déception», «gueule de bois», «bilan mitigé», «élection sans intérêt»… Les Africains que nous avons pu rencontrer ne semblent pas passionnés par une possible réélection de Barack Obama. Pourtant, il y a quatre ans, l’arrivée à la Maison Blanche du premier président noir avait soulevé un engouement et un espoir...

«Trop d’espoir sans doute», nous dit cet étudiant en pharmacie rencontré à Dakar. Même son de cloche à Addis Abeba ou à Bamako… y compris à Nairobi, alors qu’une partie de la famille du président américain vit au Kenya. La presse kenyane parle peu des élections américaines. Après avoir été beaucoup sollicités par les journalistes, la grand-mère et le frère du président sont maintenant ignorés.

«C’est normal, ce n’est plus la première fois !», nous explique Souleyman Wade, professeur de droit et de français à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. L’homme, toujours tiré à quatre épingles, a fondé en 2008 le Comité pour l’élection de Barack Obama. A l’époque, l’enthousiasme était là : pas moins de 8.000 personnes avaient répondu à l’appel. Aujourd’hui le Comité s’est réduit comme peau de chagrin : «On a démystifié le personnage Obama», nous dit-il, comme pour s’excuser, sans parler de ceux qui se sont engagés dans le Comité avec pour seule motivation, et vain espoir, d’obtenir un visa pour… les Etats-Unis.

A Dakar, Souleyman Wade défend Barack Obama
«Il y a tout de même eu de grands moments», poursuit Souleyman. Comme «le discours du Caire, en juin 2009, dans lequel il fait bien une différence entre les terroristes et les Musulmans». Puis il énumère les bons points de son champion : la justice sociale, la solidarité, la bonne gouvernance…

«Cela vous a peut-être échappé, mais lors de son voyage à Accra, au Ghana, en juillet 2009, Barack Obama a dit que l’Afrique n’avait pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes ! Pour nous ici, c’est essentiel !»

Le Comité pour la réélection du président américain existe encore grâce au dynamisme de Souleyman, qui a gardé des contacts avec l’Ambassade américaine à Dakar. Les diplomates ne manquent pas de lui fournir tous les communiqués de la Maison Blanche concernant l’Afrique. Mais au soir du 6 novembre, il sait qu’ils seront peu nombreux à suivre les résultats à la télévision. Il n’a pas encore décidé s’il louera une salle dans le quartier populaire de la Médina ou si le café au coin de la rue fera l’affaire…

Au Mali, les préoccupations sont ailleurs
Changement de décor à Bamako où l’on ne parle, bien sûr, que de la crise au nord du pays, tenu par les Islamistes. Ce commerçant ne comprend pas pourquoi les Etats-Unis ne s’engagent pas plus dans la reconquête du nord-Mali. Mais il soutient Obama quand même, parce qu’il «a aidé la jeunesse africaine à se libérer de Gbagbo, de Wade. Il n’a rien fait pour les sauver. Il a des rapports sincères avec l’Afrique !», dit-il.

Ici, au Mali, il n’y a pas de Comité de soutien à Obama… En 2008, il y en avait quatre en Afrique : dans deux pays anglophones, le Kenya et le Nigéria, et dans deux pays francophones, le Sénégal et le Cameroun.

Le 6 novembre, l’Afrique votera encore Obama, c’est sûr, mais cette fois, ce sera faute de mieux !

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