Le maire de New-York perd sa bataille contre les maxi sodas

Aux Etats-Unis on peut se servir des gobelets d\'un litre de soda dans les fast food.
Aux Etats-Unis on peut se servir des gobelets d'un litre de soda dans les fast food. (AFP/Timothy Clary)

Michael Bloomberg, le maire de New-York, voulait interdire la vente des boissons sucrées en gobelet de plus de 45 cl. Un juge vient de bloquer la mesure, quelques heures avant son application.

A New-York, plus d'un habitant sur deux est obèse ou en surpoids. Une statistique qui devient encore plus préoccupante si on s'intéresse aux jeunes. un enfant sur deux scolarisé dans le secteur public est trop gros. Chaque année, l'obésité tue 5000 New-Yorkais et, toujours selon la mairie, on estime à 2600 le nombre annuel d'amputations dues au diabète.
 
Aux Etats-Unis, la consommation de soda a atteint des sommets. Certes, la chaîne de supérette 7-Eleven a abandonné la commercialisation du «Double Gulp» de 2 litres. A cause du diabète ? Pas du tout ! Le récipient était juste trop gros pour le porte-gobelet des voitures. Il faut se contenter du 50 onces, tout de même 1,5 litre de boisson, soit 156% de la capacité de votre estomac.
 
Bloomberg, depuis son élection en 2002, s'est fait le chantre de la santé publique. En 2003, il interdisait de fumer dans les parcs publics. Il a aussi imposé l'affichage du nombre de calories sur les menus des fast-food. Mais sa mesure anti-soda a provoqué une levée de boucliers. Certains ont même parlé d'une atteinte aux libertés individuelles.

(Traduction de la déclaration de Michael Bloomberg
«Mais, nous sommes convaincus qu'à la fin, la justice reconnaitra le droit à la commission santé de la ville, de réglementer la vente de boissons, qui n'ont aucune valeur nutritive, et qui, consommées en grande quantité, peuvent provoquer des maladies et la mort pour des milliers de personnes chaque année.»)

Un projet mal ficelé
Mais cette fois le projet était sans doute trop mal ficelé pour résister aux attaques en règle de l'industrie du soda, regroupée dans un collectif. Aussi puissantes que le lobby des cigarettiers, les firmes du secteur des boissons sucrées auraient dépensé plus d'un million de dollars en publicité pour défendre le droit de boire ce que l'on veut.

Mais le juge a surtout mis en avant le caractère inégalitaire de la mesure qui ne touchait pas les supermarchés et les supérettes. Là pourtant, le client peut remplir de soda le fameux «Double Gulp», un gobelet d'un litre et demi.
 
Autre paradoxe du projet, les boissons comportant plus de 50% de lait (un ingrédient ami, selon Bloomberg) n'étaient pas concernées, quelle que soit leur quantité de sucre. 
 
Michael Bloomberg ne s'avoue pas vaincu pour autant. Il a annoncé que la ville allait faire appel de la décision du juge.
Vous êtes à nouveau en ligne