La victoire de Trump fragilise la lutte contre le réchauffement climatique

Un militant écologiste à Cleveland (Ohio) près d\'un site républicain, le 18 juillet 2016. Tous les regards sont tournés vers l\'Amérique, où le nouveau président Donald Trump a décrit le réchauffement climatique comme un «canular» et a déclaré en mai qu\'il «annulerait» l\'accord de Paris sur le réchauffement climatique s\'il était élu chef du monde libre.
Un militant écologiste à Cleveland (Ohio) près d'un site républicain, le 18 juillet 2016. Tous les regards sont tournés vers l'Amérique, où le nouveau président Donald Trump a décrit le réchauffement climatique comme un «canular» et a déclaré en mai qu'il «annulerait» l'accord de Paris sur le réchauffement climatique s'il était élu chef du monde libre. (JIM WATSON / AFP)

Donald Trump affirmait durant sa campagne vouloir annuler l’accord international sur le Climat, ratifié par une centaine de pays, et entré en vigueur le 4 novembre 2016. Dans ces conditions, un retrait des Etats-Unis constituerait une violation du droit international. Donald Trump nie l'impact de l'homme sur le réchauffement climatique et entend relancer l'industrie du charbon.


«Je vais annuler l’accord de Paris sur le climat», promettait Donald Trump durant sa campagne. Pour le 45e président américain, «cet accord donne à des bureaucrates étrangers le contrôle sur la façon et la quantité d’énergie que nous, Américains, pouvons consommer dans notre pays». 

Selon l’article 28 de l’accord signé à Paris, chaque pays peut le dénoncer «à l’expiration d’un délai de trois ans à compter de la date de son entrée en vigueur». «La dénonciation prend effet une année après de le début de la démarche de retrait.» Ce qui veut dire que les Etats-Unis ne pourront retirer leur signature avant 2020, soit à la fin du mandat de Donald Trump.
 
C’est pourquoi les pays engagés dans la lutte contre le changement climatique ont voulu accélérer le processus de ratification, afin que l’accord entre en vigueur avant le départ de Barak Obama de la Maison Blanche.
  
Trump veut relancer le Charbon
Donald Trump peut compter sur la Chambre des représentants et sur le Sénat. La majorité républicaine avait déjà obtenu la suspension, par la cour suprême, du Clean Power Act (loi pour l’énergie propre) qui prévoyait une réduction de 32% d’ici 2030 des émissions de gaz à effet de serre liées à la production d’électricité.

Cette suspension est le résultat d’une procédure de justice intentée par 27 Etats américains (tenus par les républicains) et par des industriels qui demandent l’arrêt pur et simple de ce plan climat. Ils estiment que l’agence fédérale de l’environnement chargée de veiller à l’application du plan outrepasse ses droits dans des affaires relevant, selon eux, de la seule responsabilité des Etats.

Le nouveau président américain veut relancer l’industrie du Charbon, réduire le budget de l’Agence américaine de protection de l’environnement et relancer le projet d’oléoduc Keystone XL, qui doit relier le Canada au Golfe du Mexique.

Menace sur les USA et la planète
Pourtant, les Etats-Unis ne sont pas à l’abri du réchauffement climatique. Les violents incendies et le manque d’eau qu’a connu la Californie ces dernières années est un signe avant coureur de ce qui pourrait se généraliser, sans parler des menaces de la montée des eaux sur les villes de Miami et New York.

Les Etats-Unis, peuvent, de manière plus ou moins frontale, faire capoter l'accord sur le climat négocié depuis 25 ans par la communauté internationale. La Chine et les autres pays pourraient alors ne plus se sentir engagés si la première puissance économique ne remplit pas ses obligations. 

Dans une lettre ouverte publiée en septembre 2016 sur le site responsiblescientists.org, 400 scientifiques fustigeaient la volonté du candidat républicain de défaire l’accord de Paris sur le Climat. Pour eux, «les conséquences d'une telle décision seraient sévères et durables pour le climat de notre planète et la crédibilité internationale des Etats-Unis.»

Conscientes de l'enjeu, les Nations Unies réunies à Marrakech pour la COP22 (avec des milliers de délégués représentants les 192 pays) ont appelé le nouveau président américain à «faire avancer l'agenda climatique pour le bénéfice des peuples du mondes».
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