La Chine et les Etats-Unis s'écharpent à l'ONU sur le climat et le virus

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, s\'exprime à distance devant l\'assemblée générale de l\'ONU, le 22 septembre 2020 à New York.
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, s'exprime à distance devant l'assemblée générale de l'ONU, le 22 septembre 2020 à New York. (ESKINDER DEBEBE / UNITED NATIONS / AFP)

A l'Assemblée générale de l'ONU, les deux premières économies mondiales ont étalé leurs divisions sur le climat et le coronavirus, dans une ambiance de "nouvelle Guerre froide".

La Chine a accusé, mercredi 23 septembre, les Etats-Unis d'être une "sérieuse entrave" à la lutte contre le réchauffement climatique, après un affrontement à distance de leurs dirigeants à l'Assemblée générale de l'ONU dans un climat de "nouvelle Guerre froide". Les Etats-Unis de Donald Trump et la Chine de Xi Jinping ont affiché mardi au grand jour leurs désaccords sur de nombreux sujets : coopération internationale, gestion de l'épidémie de nouveau coronavirus et réchauffement climatique.

"Les Nations unies doivent tenir la Chine pour responsable de ses actes" au début de la pandémie, a lancé le président américain à l'ouverture de cette grand-messe diplomatique annuelle, virtuelle en raison de la crise sanitaire. Il a accusé la deuxième puissance mondiale d'avoir laissé le "virus chinois", une formule qui suscite l'ire de Pékin, "infecter le monde".

"Le gouvernement chinois et l'Organisation mondiale de la santé, qui est quasiment contrôlée par la Chine, ont déclaré à tort qu'il n'existait pas de preuve de transmission humaine", a déploré Donald Trump dans une vidéo enregistrée, justifiant ainsi le retrait des Etats-Unis de cette agence de l'ONU.

Des "accusations infondées"

Lors d'un discours également pré-enregistré, le président chinois Xi Jinping a souligné que "la Chine n'avait pas l'intention d'entrer dans une Guerre froide". Sans citer Washington, il a mis en garde contre "le piège d'un choc des civilisations", appelant à ne pas "politiser" la lutte contre le coronavirus.

Son ambassadeur à l'ONU Zhang Jun s'est ensuite chargé de "rejeter" sèchement les "accusations infondées" de Donald Trump. "Au moment où la communauté internationale se bat durement contre le Covid-19, les Etats-Unis propagent un virus politique ici à l'Assemblée générale", a-t-il déclaré.

"Si quelqu'un doit être tenu pour responsable, ce sont les Etats-Unis pour avoir perdu tant de vies avec leur attitude irresponsable", a-t-il ajouté, alors que le bilan de la maladie a atteint mardi les 200 000 morts dans ce pays.

"Les Etats-Unis refusent de protéger la planète"

L'affrontement à distance s'est poursuivi sur le terrain climatique. Xi Jinping a voulu jouer les bons élèves, en fixant pour première fois un objectif de neutralité carbone – en 2060 – pour son pays, premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète. Connu pour son climatoscepticisme, Donald Trump a critiqué "ceux qui attaquent le bilan environnemental exceptionnel de l'Amérique tout en fermant les yeux sur la pollution endémique de la Chine".

Réponse cinglante de Pékin : les Etats-Unis sont une "sérieuse entrave" à la lutte contre le réchauffement climatique, a fustigé Wang Wenbin, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. En se retirant des accords internationaux visant à réduire les émissions de carbone, les Etats-Unis ont manqué à "leur devoir" et "refusent de prendre des mesures minimales pour protéger la planète", a-t-il regretté.

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