L'appel de Wikileaks à la transparence sur le traité entre l'Europe et les USA

Manifestation de députés européens contre TTIP (TAFTA) en juin 2015. Troisième en partant de la droite, Jean-Luc Mélenchon
Manifestation de députés européens contre TTIP (TAFTA) en juin 2015. Troisième en partant de la droite, Jean-Luc Mélenchon (CITIZENSIDE/CLAUDE TRUONG-NGOC / citizenside.com)

Le site Wikileaks a promis mardi 100.000 euros à toute personne qui lui fournirait une copie du Traité de commerce transatlantique. Ce traité de libre échange, appelé TAFTA ou TTIP, est toujours en négociation entre l'Union européenne et les Etats-Unis. Mais certains estiment que le secret commande aux négociations. Ce que dénonce Julian Assange.


«Le secret» entourant ce Traité, en cours de négociation entre l'Union européenne et les États-Unis, «constitue une menace pour l'avenir de la démocratie européenne», estime le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, dans un communiqué.

C'est pourquoi le site Wikileaks a promis mardi 100.000 euros à toute personne qui lui fournirait une copie du Traité de commerce transatlantique, somme qui doit être rassemblée via une opération de financement participatif et à laquelle des personnalités comme l'ex-ministre grec des Finances Yanis Varoufakis ou le lanceur d'alerte américain Daniel Ellsberg ont notamment promis de contribuer.


Le Traité de commerce transatlantique (TTIP en anglais, TAFTA en français) vise à créer la plus grande zone de libre-échange bilatéral au monde, en faisant tomber les barrières douanières et en réduisant les différences de réglementations. Engagées en juillet 2013, les négociations devraient passer à la vitesse supérieure cet automne, selon la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

Ses opposants dénoncent le secret qui entoure les négociations et affirment que le TTIP servira surtout les intérêts des multinationales. Le site de l'Union européenne, qui publie beaucoup d'éléments de la discussion entre les deux continent, parle néanmoins d'une transparence «aussi ouverte que possible».


Pour preuve de cette transparence plus que limitée, un blog du Monde raconte que «depuis un an, ces documents sont sous haute surveillance. Sur l’insistance des Américains, ils ne sont plus transmis par voie électronique ou sur papier, comme auparavant, afin de limiter les possibilités de fuite. Pour les consulter, les heureux élus doivent se rendre dans une salle de lecture ultra-sécurisée à Bruxelles (ou l’une de ses annexes, dans les ambassades américaines d’Europe), où il est interdit d’utiliser un téléphone portable, ou tout autre appareil qui permettrait de les scanner.»
«Il n’est pas possible de sortir les documents de la salle : seulement de prendre des notes sur des feuilles qui nous sont fournies, avec notre nom inscrit dessus»,
expliquait M. Jadot (député européen du groupe des Verts) au Monde il y a quelques mois.

Quoi qu'il en soit, l'accord n'étant pas encore signé, aucun texte définitif n'existe. Le parlement européen a, à une large majorité, approuvé les termes des négociations entre les deux continents, les sociaux-démocrates finissant par s'accorder avec les conservateurs sur les points les plus délicats du débat. Un débat qui est loin d'être terminé. 

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