Journée de la femme 2013: l'ONU mobilisée contre les violences

La directrice exécutive d\'ONU Femmes, Michelle Bachelet (D), et Unity Dow, la première femme juge du Botswana, le 6 juillet 2011, aux Nations-Unies, à New York.
La directrice exécutive d'ONU Femmes, Michelle Bachelet (D), et Unity Dow, la première femme juge du Botswana, le 6 juillet 2011, aux Nations-Unies, à New York. (Devra Berkowitz / UNITED NATIONS / AFP )

Dans le message qu’elle adresse à l’occasion de la Journée internationale de la femme, le 8 mars, la directrice exécutive d’ONU Femmes, Michelle Bachelet, appelle la communauté internationale à respecter ses engagements et à protéger les droits des femmes à vivre sans violence. A ce titre, Paris propose notamment de déployer au Mali «des conseillers» dans le cadre d'une mission de Casques bleus.

La 57e session annuelle de la Commission de l'ONU sur le statut de la femme «est le plus grand rassemblement international jamais organisé pour mettre fin aux violences contre les femmes», a déclaré lors de son ouverture, le 4 mars, l'ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet.

Mme Bachelet a rappelé que cette session se tenait dans un contexte de mobilisation après l'attaque des talibans contre l'adolescente pakistanaise Malala Yousafzai et le viol collectif d'une jeune Indienne en 2012. Bien que 160 pays aient adopté des lois contre ces exactions, «l'impunité est encore la norme, pas l'exception», a-t-elle déploré.

A New York également pour participer à cette réunion, la ministre française des Droits des femmes, Najat Vallaud -Belkacem. La France «va soutenir l'idée dans la prochaine résolution sur l'envoi de forces de maintien de la paix de l'ONU au Mali de déployer sur le terrain des conseillers de protection chargés spécifiquement des droits des femmes», a-t-elle déclaré à la presse. 

Mme Vallaud -Belkacem a précisé en avoir discuté avec Mme Zainab Hawa Bangura, représentante spéciale de l'ONU pour la lutte contre les violences dans les conflits armés. Ces conseillers «auront pour rôle d'accompagner les victimes dans la dénonciation des faits et le retour à une vie la plus normale possible», a souligné la ministre française.

Mesures concrètes de prévention
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon doit remettre avant fin mars au Conseil de sécurité un rapport sur les modalités de mise en place d'une mission de Casque bleus au Mali. Il faudra ensuite une résolution du Conseil pour créer cette mission.

Selon un rapport de la Banque mondiale, évoqué à la conférence, les femmes âgées de 15 à 44 ans sont plus nombreuses à décéder de mort violente que du paludisme, du sida ou du cancer réunis. «Nous devons prendre des mesures concrètes de prévention», a souligné de son côté la ministre norvégienne de l'Egalité hommes-femmes, Inga Marte Thorkildsen. Selon elle, les violences faites aux femmes coûtent à son pays un milliard de dollars par an.

Pour Mme Bachelet, «il faut appliquer plus strictement les lois et les politiques de prévention». Et, a-t-elle énuméré, «il faut recruter davantage de femmes policiers, Casques bleus ou juges», estimant que les cas de viol seront ainsi mieux dénoncés.



«Beaucoup de choses s'amélioreront dès lors que tous les professionnels amenés à croiser le chemin d'une femme victime de violences seront le mieux sensibilisés, le mieux formés possible : les médecins, les personnels de police, les assistants sociaux», a affirmé pour sa part Mme Vallaud -Belkacem.

Selon l'ONU, 125 pays ont à ce jour adopté des lois contre la violence domestique. Malgré ces progrès, quelque 603 millions de femmes vivent dans des pays où la violence domestique n’est pas considérée comme un crime et où l’impunité reste la norme et non pas l’exception.

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