Etats-Unis : un millier d'anciens fonctionnaires appellent le ministre de la Justice à démissionner

Le ministre de la Justice américain, Bill Barr, lors d\'une conférence de presse à Washington, le 13 janvier 2020.
Le ministre de la Justice américain, Bill Barr, lors d'une conférence de presse à Washington, le 13 janvier 2020. (ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP)

Ces ex-employés du ministère reprochent à William Barr d'être intervenu dans le dossier pénal d'un proche de Donald Trump.

Un millier d'anciens employés du ministère de la Justice américain ont demandé, dimanche 16 février, la démission de William Barr, qui dirige cette puissante administration depuis un an. IIs lui reprochent d'être intervenu dans le dossier pénal d'un proche de Donald Trump. Roger Stone, ancien conseiller et ami du président américain, a été reconnu coupable de mensonge face au Congrès et de subornation de témoin dans le cadre de l'enquête sur les ingérences de Moscou dans la présidentielle de 2016. Il attend de connaître sa peine.

Des procureurs fédéraux avaient conseillé lundi une sentence comprise entre sept et neuf ans de prison, s'attirant les foudres de Donald Trump, qui avait jugé sur Twitter la recommandation "très injuste". Le lendemain, le ministère de la Justice les avait désavoués, suggérant une peine "bien moindre" au nom des "intérêts de la justice". Bill Barr a ensuite assuré que l'intervention du président n'avait eu aucun impact sur la décision de ses services, tout en appelant Donald Trump à cesser ce genre de tweets qui rendent son travail "impossible".

"Défendre une justice apolitique"

"Personne ne devrait recevoir de traitement de faveur dans des poursuites pénales parce qu'il est un proche allié politique du président", ont écrit plus de 1 100 anciens fonctionnaires ayant travaillé pour des administrations démocrates et républicaines, dans une lettre ouverte publiée sur internet dimanche. "Nous saluons la reconnaissance tardive par l'Attorney General Barr que les décisions du ministère doivent être indépendantes de la politique, commentent les anciens fonctionnaires dans leur lettre. Mais ses actions pour se plier aux ordres du président parlent plus que ses mots."

"Comme nous avons peu d'espoir qu'il le fasse, il revient à chaque employé du ministère de prendre les mesures nécessaires pour (...) défendre une justice apolitique", ajoutent-ils. Ils appellent ainsi les employés à dénoncer d'éventuelles nouvelles ingérences à leur hiérarchie, à se retirer des affaires politisées, voire à démissionner et témoigner publiquement.

Vous êtes à nouveau en ligne