Etats-Unis : pour la première fois, une femme voilée apparaît dans les pages de "Playboy"

Le symbole de Playboy photographié à Los Angeles, le 19 juin 2004.
Le symbole de Playboy photographié à Los Angeles, le 19 juin 2004. (DAMIAN DOVARGANES/AP/SIPA / AP)

L'apparition de Noor, journaliste américaine d'origine libyenne, a été saluée par certains comme une avancée. Mais d'autres ont sévèrement critiqué la jeune femme, mercredi.

Surtout connu pour ses "bunnies" et ses photos érotiques, le magazine Playboy, montre pour la première fois dans son édition d'octobre, une musulmane portant le voile. Cette apparition a suscité autant de louanges que de critiques.

Une journaliste américaine d'origine libyenne

La journaliste américaine d'origine libyenne Noor Tagouri apparaît dans l'édition d'octobre dans un article intitulé "Les renégats", qui se focalise sur des hommes et femmes "qui risquent tout - même leur vie - pour faire ce qu'ils aiment"

La journaliste de 22 ans, qui travaille pour le réseau de vidéos d'informations Newsy, est photographiée portant un perfecto en cuir noir, des baskets et un voile kaki autour de la tête.

Noor Tagouri veut devenir la première journaliste "à hijab" de la télévision américaine. Elle affirme que ses difficultés en tant que jeune musulmane qui a grandi aux Etats-Unis l'ont aidée dans sa carrière.

"Je sais ce que c'est que de voir l'histoire de notre communauté distordue et exploitée dans les médias", a-t-elle raconté à Playboy, qui a tourné la page de la pleine nudité cette année pour tenter d'élargir son audience. Selon L'Obs, Noor Tagouri est aussi une spécialiste de l'autopromo. En 2012, elle s'était déjà fait remarquer en publiant sur les réseaux sociaux une photo d'elle assise au bureau du présentateur du JT de la chaîne ABC7, alors qu'elle y est stagiaire.

Louanges et critiques

L'apparition de Noor Tagouri, suivie par plus de 100 000 personnes sur les réseaux sociaux, est saluée par certains comme une avancée, mais d'autres ont vertement critiqué la jeune femme.

"Playboy est synonyme de pornographie", dénonce le magazine en ligne The Muslim Vibe (en anglais), argumentant que le magazine fondé par Hugh Hefner traite les femmes comme des objets, les transforme en marchandise et les sexualise à outrance "depuis des décennies". "Ce n'est pas parce qu'ils ont adouci leur image que nous pouvons commencer à [collaborer] avec cette plateforme", ajoute-t-il.

La blogueuse voilée Nishaat Ismail s'est aussi élevée, dans une chronique, contre le fait que la jeune femme s'associe à une entreprise "fondée sur le fait de faire des femmes des objets".