En Californie, les électeurs se prononçaient aussi sur la peine de mort

Chambre à gaz de la prison de San Quentin (présentée ici lors d\'une exposition)
Chambre à gaz de la prison de San Quentin (présentée ici lors d'une exposition) (JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

En ce 6 novembre, jour de l'élection présidentielle, les habitants de Californie, Etat le plus peuplé des Etats-Unis avec 37 millions d’habitants, ne devaient pas seulement choisir entre Obama et Romney, mais aussi se prononcer par référendum sur l'abolition de la peine de mort.

Pour ou contre la peine de mort ? Les électeurs de Californie devaientt, en même temps que la présidentielle, se prononcer sur onze référendums. Peine de mort donc, mais aussi étiquetage des OGM ou politique fiscale.

La proposition de loi référendaire numéro 34 a en effet recueilli les 500 000 signatures nécessaires à la tenue d'une consultation populaire.

Deux idées force dans ce texte: la peine de mort est remplacée par une détention à perpétuité sans possibilité de réduction de peine. Dans le même temps, les économies réalisées par l'abolition permettrait de financer la police criminelle.

On le voit, les motivations des promoteurs de cette loi ne sont pas humanistes… mais économiques. Les défenseurs de la proposition (nom des référendums aux USA) expliquent qu'il s'agit, pour l’Etat de Californie en faillite, de réaliser d’importantes économies. Celui-ci compte en effet quelque 700 condamnés dans ses couloirs de la mort. Et en raison de la complexité du système pénitentiaire américain, entre recours et frais d’avocats, ces condamnés à mort représentent une importante charge pour les finances publiques.

Grâce aux économies ainsi réalisées, la Californie financerait un fonds de 100 millions de dollars destinés à la recherche des criminels.

La proposition 34 est loin du texte présenté par Robert Badinter en 1981. A l’époque, le texte du ministre de la justice de François Mitterrand avait juste consisté à abolir la peine de mort sans rien changer d’autre au Code pénal. 

(L'abolition a finalement été rejetée par une majorité d'électeurs dans cet état qui a voté pour Barack Obama)

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