États-Unis : la mobilisation des jeunes contre les armes pourrait "faire la différence" à la prochaine présidentielle

Un étudiant pose, à Washington aux États-Unis, après avoir rallié plusieurs centaines d\'étudiants pour réclamer des lois plus strictes sur les armes à feu le 20 avril 2018.
Un étudiant pose, à Washington aux États-Unis, après avoir rallié plusieurs centaines d'étudiants pour réclamer des lois plus strictes sur les armes à feu le 20 avril 2018. (ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP)

Didier Combeau, chercheur associé à l’Institut des Amériques, a expliqué, samedi sur franceinfo, que les manifestations des lycéens aux États-Unis pour marquer le 19e anniversaire de la fusillade de Columbine et relancer la mobilisation contre les armes à feu étaient une première.

Aux États-Unis"c'est la première fois que les jeunes se mobilisent sur cette question" des armes à feu, a expliqué, samedi 21 avril sur franceinfo, Didier Combeau. Le chercheur associé à l’Institut des Amériques a estimé que cette mobilisation pourrait peser sur le plan politique. Alors qu'une manifestation organisée, vendredi, par des lycéens à travers les pays pour marquer le 19e anniversaire de la fusillade de Columbine et relancer la mobilisation contre les armes à feu née de la tuerie de Parkland en février dernier, cette génération pourra voter lors des élections en 2020.

franceinfo : Est-ce que le mouvement lycéen, né dans la foulée de la tuerie de Parkland en février, est amené à se poursuivre ?

Didier Combeau : On constate qu'il y a une mobilisation très forte. C'est la première fois que les jeunes se mobilisent sur cette question. Il y avait eu au moment de Columbine une mobilisation des mères de familles. Aujourd'hui, la mobilisation se fait plus facilement avec les réseaux sociaux. Cela dit, la question est de savoir comment cette mobilisation va se traduire au point de vue politique maintenant.

Pourquoi les élus américains ne prennent pas de décision sur les armes à feu ?

Les élus sont très prudents sur cette question des armes à feux, parce qu'il y a autant à perdre qu'à gagner en terme électoral. La NRA [National rifle association, lobby pro-arme] est extrêmement efficace avec sa base au moment des élections. Toute la question est de savoir si le mouvement pour la règlementation sera capable de mobiliser des votes. Le vote des jeunes, qu'on appelle les Millennials, est très important. Ils pourront voter aux prochaines élections présidentielles en 2020. Cette question des armes à feu fera partie de toutes ces questions autour de la violence. C'est sur cette question de la violence que s'appuient les démocrates pour essayer de reprendre la présidence à Donald Trump.

Quelles différences y-a-t-il entre ce mouvement lycéen contre les armes à feux et les autres qui se mobilisent parfois depuis bien plus longtemps ?

Ce qui change, c'est la jeunesse des manifestants. Ce sont des lycéens, ce ne sont même pas des étudiants universitaires. Cette manifestation qui a eu lieu hier [vendredi 20 avril] a été lancée sous forme d'une pétition par une lycéenne de 16 ou 17 ans. Aux États-Unis, il faut conquérir les votes par catégorie. Il faut arriver à obtenir le vote des Afro-Américains, le vote des femmes, le vote des jeunes, etc. Dans ce cadre-là, ça peut faire la différence.