Ce que l'on sait de la tuerie qui a fait 17 morts dans un lycée en Floride

(CRISTOBAL HERRERA / EPA)

Un ancien élève de 19 ans a ouvert le feu mercredi dans un établissement du sud-est de la Floride.

Les élèves ont d'abord cru à un exercice d'évacuation. Un tireur a fait 17 morts mercredi 14 février dans un lycée du sud-est de la Floride, semant la panique parmi les élèves retranchés dans leurs classes ou tentant de s'échapper.

"Aucun enfant, enseignant ou quiconque, ne devrait jamais se sentir en danger dans une école américaine", a tweeté le président Donald Trump. Sans donner plus de détails, le président américain a annoncé avoir discuté avec le gouverneur de Floride et envisagé un "renforcement de la loi" après cette tuerie, l'une des plus meurtrières depuis vingt-cinq ans aux Etats-Unis.

La fusillade a eu lieu peu avant la fin des cours, au lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland. L'auteur de la tuerie, Nikolas Cruz, avait posté sur les réseaux sociaux des messages "très alarmants". Voici ce que l'on sait sur cette fusillade.

Un lycée de Floride visé

"C'était la fin de la journée scolaire et l'alarme incendie s'est déclenchée. Nous avons commencé à évacuer", a expliqué une enseignante, Melissa Falkowski, à CNN (en anglais). Mercredi, vers 14h30, heure locale, un jeune homme armé d'un fusil semi-automatique a pénétré dans le lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland, situé dans le sud-est de la Floride. Les élèves et les enseignants ont d'abord pensé qu'il s'agissait d'un exercice, car un exercice alerte incendie avait déjà été organisé dans la journée. "On ne l'a pas pris au sérieux, et, tout à coup, on a entendu des coups de feu de l'autre côté de l'école", a confié un élève sur la chaîne locale WSVN 7 News.

Vue aérienne du lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland en Floride.
Vue aérienne du lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland en Floride. (JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Sur une vidéo amateur diffusée sur les réseaux sociaux, apparemment tournée dans une salle de classe, on entend des coups de feu très rapprochés, caractéristiques d'un fusil d'assaut. Des élèves sont prostrés sous leur bureau ou allongés en silence, tandis qu'on entend des hurlements au loin. Un élève a raconté à WSVN 7 News que son professeur a été tué alors qu'il tentait de verrouiller la salle de classe dans laquelle lui et ses élèves s'étaient réfugiés.

Des témoins, dont plusieurs arboraient des cœurs et autres décorations de la Saint-Valentin, ont rapporté s'être cachés jusque dans les placards lorsque les coups de feu ont commencé à retentir. Les images des télévisions locales ont montré plusieurs dizaines de personnes sortant de l'école, souvent les mains en l'air ou croisées derrière la tête. 

Des ambulances, des camions de pompiers ainsi qu'une longue cohorte de voitures de police et plusieurs véhicules blindés d'un groupe d'intervention étaient stationnés près du lycée. Des victimes ont été évacuées par hélicoptère.

Au moins 17 personnes tuées

Selon le dernier bilan de la police, 17 personnes ont été abattues par des rafales de fusil d'assaut. En milieu de soirée, les autorités n'avaient toujours pas réussi à identifier 5 des 17 victimes, parmi lesquelles se trouvaient aussi bien des élèves que des enseignants. Quatorze des blessés ont été hospitalisés, parmi lesquels deux sont morts des suites de leurs blessures, dont un entraîneur de football.

L'auteur de la tuerie est un ancien élève

L'auteur de la tuerie est Nikolas Cruz, un ancien élève du lycée âgé de 19 ans. Il avait été renvoyé pour des "raisons disciplinaires". Les enquêteurs estiment qu'il a actionné l'alarme incendie pour faire diversion et pouvoir tuer plus de personnes, précise CNN. La police n'a pour l'heure livré aucun mobile à la tuerie, mais le jeune homme est décrit comme un adolescent à la personnalité trouble, amateur d'armes. "Il y a eu des problèmes quand il a menacé des étudiants l'année dernière et je pense qu'on lui a dit de quitter le campus", a déclaré au quotidien Miami Herald Jim Gard, un professeur de mathématiques qui l'avait eu comme élève.

Selon un lycéen, Nikolas Cruz était un "solitaire" qui avait quitté l'établissement il y a quelques mois pour emménager dans le nord de la Floride après la mort de sa mère. Il aurait également suivi une préparation militaire. Un autre lycéen a souligné que le tireur connaissait parfaitement les lieux et les procédures de sécurité, mises en place dans toutes les écoles aux Etats-Unis, qui simulent régulièrement une intrusion armée pour préparer leurs élèves.

Nikolas Cruz avait posté des messages "très alarmants" sur les réseaux sociaux, a souligné le shérif de Floride. Des images sur Instagram présentées par plusieurs médias comme le compte du tireur – avant qu'il ne soit désactivé – montraient un homme au visage masqué coiffé d'une casquette ou d'un bonnet de l'armée de terre avec des couteaux ou encore l'image d'un fusil à pompe. Le garçon avait laissé des messages sous des vidéos YouTube dans lesquels il affirmait "vouloir tuer des gens avec son AR-15 (fusil automatique)" et qu'il voulait mourir "en se battant et en tuant des tas de gens", reprend CNN.

"Nous n'avons reçu aucun avertissement, aucune indication" à son sujet a pourtant précisé le proviseur du lycée. "A notre connaissance, aucune menace n'avait été proférée." Quant au shérif, il a répété à de multiples reprises que c'était la responsabilité de tous "de signaler des choses inhabituelles". "C'est juste le mal à l'état pur", a décrit le gouverneur de Floride lors d'un point de presse.

L'une des tueries les plus meurtrières depuis vingt-cinq ans

Cette fusillade est l'une des pires aux Etats-Unis depuis vingt-cinq ans. Depuis le début de l'année, 18 fusillades en milieu scolaire ont eu lieu. Il y a environ une fusillade en milieu scolaire par semaine, selon Everytown for Gun Safety, une organisation militant pour le "gun control", c'est-à-dire le durcissement des lois sur les armes individuelles.

La Floride est l'un des Etats les plus touchés. Surnommée le "Sunshine State" pour son climat ensoleillé, elle est aussi qualifiée de "Gunshine State" tant les armes à feu y sont facilement accessibles. L'Etat de 21 millions d'habitants détient de loin le record national du nombre de permis de port d'armes, à environ 1,9 million au 31 janvier 2018, selon les statistiques officielles.

Vous êtes à nouveau en ligne